JYB a écrit:Alors, je passe à autre chose, un sujet dont on n'a pas encore vraiment parlé, me semble-t-il.
Dans l'ensemble de l'album, on remarque un certain nombre de scènes à connotation sexuelle. En font partie celles du "penchant" de Franquin pour Annie et qui amènent, même inconsciemment, les lecteurs à se poser des questions à ce sujet (y compris sur ce topic ; voir plus haut). Mais dans une scène de cauchemar, on voit Morris lui-même à poil (et on note que c'est bien un garçon et pas une fille) ; on voit, dans des croquis censés être dus à Franquin, l'ombre de Gaston avec son sexe en érection piqué d'aiguilles de cactus, devant des enfants (dans d'autres feuillets, en bas de la même page, on voit des petits croquis cochons, toujours censés être dus à Franquin).
Ailleurs, on voit Annie Gillain vêtue d'une nuisette sexy avec un bout de téton qui dépasse à peine (y'a pas de raison qu'il n'y ait que Joseph qui ait pu en profiter, a dû se dire Yann) ; on voit aussi Annie carrément à poil, mais sous la forme d'un tableau que peint Joseph Gillain lui-même (ce tableau existant vraiment, c'est une ruse d'une colossale finesse pour pouvoir montrer Annie à poil dans la BD, un coup de maître dont Yann doit jubiler intérieurement, du genre (clin d'oeil complice) : "Eh, t'as vu : je franchis la ligne rouge sans la franchir").
A un endroit, on voit aussi les fesses de Gaston (c'est une BD comique, donc ça doit faire rire ?). On voit Morris vivant une aventure au lit avec une femme aux formes généreuses, rencontrée lors du voyage - une femme d'ailleurs mariée dont le mari arrive en pleine nuit, on se croirait dans un Vaudeville. L'anecdote est-elle vraie ? Morris l'aurait alors racontée à Yann mais, insidieusement, le doute est là : est-ce vrai ? Pas vrai ? Il me semble que la future femme de Morris, Francine, qui a aujourd'hui environ 90 ans, connaissait à l'époque son futur époux.
Bref : n'est-on pas davantage dans les fantasmes habituels de Yann dans ses BD ? N'est-on pas dans les scènes sulfureuses propres à faire le buzz, donc à faire mieux vendre ? A attirer le gros des troupes toujours à la recherche de quelque image égrillarde ? Et que font ces scènes dans cette BD censée rendre hommage aux grands auteurs que sont Jijé, André Franquin et Morris ? Les lecteurs souhaitant lire une histoire à peu près vraie du périple des Gillain, Franquin et Morris, ne sont-ils pas déçus qu'en plus d'avoir une fiction où pas mal de scènes sont totalement inventées, ils ont, cerise sur le gâteau, les fantasmes de Yann ?
Les familles des trois auteurs concernés apprécient-elles que leur histoire et celle de leurs pères et mari soient obligatoirement racontées et détournées, via le prisme particulier et sulfureux de Yann ? Et ne peut-on imaginer - j'y reviens toujours - qu'elles en soient désolées, au point qu'elles ne souhaitent pas du tout qu'on renouvelle l'expérience avec le tome 2 ?
Si, si on en a parle! Il faut aller voir pages 51 et 52 de ce passionnant debat qui ravit les foules ebahies et dechainent les passions.
J'en avais traite lors de ma premiere intervention afin de mettre en avant l'ineptie de ces gags soi disant droles et merveilleux exemples de l'humour si fin et si delicat de Yann. Le seul gag de GL que j'ai trouve bon est celui Franquin surgissant a la fenetre et decouvrant Annie Gillain posant nue pour son mari. Je l'ai trouve drole et bien amene. De plus, il rend bien compte de la mentalite de cette epoque ou la pudeur etait plus de mise qu'aujourd'hui. Et meme si le gag n'est pas vrai, il aurait pu l'etre et cela ne m'a pas choque du tout parce que rien n'est dit et rien n'est montre, tout n'est qu'evoque. C'est pour cela qu'il est bon! De plus, Schwartz a tres bien rendu la tete embarrassee de Franquin et l'aspect jovial de Jije.
Par contre, j'ai trouve grave et triste le fait que le scenariste insiste aussi lourdement sur la libido de Morris et sur les supposes dessins de Franquin mettant en scene son Gaston mexicain aux prises avec un cactus. J'ai estime que ces gags n'avaient pas leur place dans la bande parce que je me fiche eperdument des aventures sentimentales et sexuelles de l'auteur de Lucky Luke et je ne pense pas que Franquin ait dessine de tels croquis a cette epoque de se vie. Il l'avouait lui-meme, il a ete coince une bonne partie de sa vie. Plus tard dans sa vie, oui et il ne s'est pa gene pour le faire mais pas alors.
En outre, Yann repete les gags 2 fois pour ceux qui n'auraient pas bien compris. Comme l'ecrivait si bien Gotlib dans un gag (un bon celui-la!) de la RAB:
"Vous remarquerez qu'il y a redite!"Je mets deliberement de cote le "gag" (oui, il parait que c'en est un) du trio s'arretant au Bates Motel. A priori, Yann a du s'emmeler les crayons avec le scenario qu'il ecrivait en meme temps pour sa serie phare, Pin Up,
Le Dossier Alfred H. Le pauvre, il devait etre alors surmene!
Pour conclure, j'ai eu l'impression de lire les fantasmes emanant d'un adolescent victime des premiers emois et troubles que lui causent sa puberte. Mais peut-etre est-ce le lectorat qu'il visait lorsqu'il a pondu GL?