Olaf Le Bou a écrit:Thierry_2 a écrit:je vais me livrer à une confession gênante.
Je regarde la starac'
oui, j'assume
et j'aime ça
oui, bon, ne poussons pas le bouchon trop loin non plus, la tolérance à des limites quand même.
C'est bizarre ton histoire de scandale, tu leurs a jamais demandé ce qu'ils entendaient par là, ni en quoi la règle se devait d'être différente entre homos et hétéros ?
quitte à continuer à me confesser avec une impudeur digne d'un roman graphique nombriliste, il faut savoir que je suis le fruit de vieux parents, qui ont connu la seconde guerre mondiale, issus de familles pas très éduquées et originaires d'une (toute) petite ville ouvrière proche de la frontière française. Mes grands-parents, côté paternel (pas connu les uatres) étaient imprégnés de catholocisme paysan, avec l'antisémitisme inculqué par les prêches du dimanche. Le terreau n'était pas fertile à l'ouverture d'esprit, surtout que mon père, en guise d'ascenseur social, n'a eu d'autre choix que l'armée (il était officier), donc une vie en caserne ou cités militaires pendant très longtemps. L'horizon ne s'est pas beaucoup éclairci pour un peu plus de tolérance.
Donc, les homosexuels existaient. C'est accepté. Il leur est même arrivé de cotoyer et même de les trouver très fréquentable, à certaines conditions. Il fallait que, quelque part, on puisse les identifier, mais sans que ce soit trop ostentatoire. Autrement dit, haro sur les folles (sauf dans les films, parce que Michel Serrault dans "la cage aux folles" est très drôle), et il ne fallait pas qu'ils soient trop viril pour ne pas laisser plâner le doute sur le fait qu'alors, on ne savait plus à qui on avait à faire. C'est très subtil, comme différence. Et je vous laisse imaginer le scandale si un gay avait, pour rire, dragouiller un hétéro. Draguer lourdement un femme qui demande juste qu'on lui foute la paix, c'est de l'humour. On peut rire, mais faut pas pousser.
le "pas de scandale" etait une notion très floue, mais pouvait se comprendre par "ils peuvent exister, mais on ne doit pas les voir". Un couple d'hommes n'aurait pas pû se tenir par la main ou s'embrasser en public, voire faire des blagues grivoises. Les couples de femmes ne pouvaientpas exister, évidemment. Par contre, la famille qui habitait la maison voisne de la leuir (avant ma naissance), le père militaire buvait beaucoup (en fait, tous les vendredis, les officiers finissaient la journée et une partie de la soirée au mess à discuter stratégie, chenille de tank et vidaient des litres et des litres d'alcools tous genres...). Sa femme, d'ennui, buvait aussi beaucoup. Et ils se disputaient. Les coups volaient. Et les enfants trinquaient. C'était connu, mais personne ne disait rien. Esprit de corps, fraternité, c'est une affaire privée... le pire, c'est que mes parents étaient, bien sûr, au courant, surtout que l'un des gamins était ami de ma soeur et, parfois, ils prenanient les enfants chez eux quand les alcoolos étaient trop torchés pour assurer le minimum. Mais personne n'a eu l'idée de soulever qu'il y avait un problème.
Bien plus tard, mon père pensionné était ami avec un autre ancien officier. Un jour, on a vu arriver sa femme avec un oeil au beurre noir. Ben oui, sa femme est chiante, parfois. Ok...
pourquoi cette tolérance envers des scandales autrement plus graves ? Fraternité et solidarité accrue dans la grande muette.
Et, pour finir, une connaissance de ma mère (qui était beaucoup plus jeune) a fait son coming out. Ma mère, 75 ans, ne trouve rien à redire (encore heureux). Puis, cette connaissance se marie avec sa chérie, me mère est inviTée. Elle me dit qu'elle hésite à y aller parce qu'elle ne veut pas qu'on dise qu'elle cautionne. Je lui ai juste dit que c'était un mariage et qu'y aller ne ferait que dire qu'elle était contente que son amie soit heureuse. Elle a finalement été au mariage et a apprécié