de Cooltrane » 08/09/2018 12:57
Double shot Asiatique le w-e précédent avec la compagne
Son choix;
3 Visages : (Iran) Une ado issu d'un village dans la campagne profonde dans une région turcophone appelle à l'aide via un smartphone une actrice Iranienne très populaire, parce qu'elle serait forcée d'abandonné son rêve de devenir actrice (saltimbanque diraient les gens de son village) et se suiciderait. La diva du petit écran arrive dans le bled perdu avec son producteur et cherche infructueusement auprès des autochtones trace de l'apprentie artiste, mais ils reçoivent une fin de non-recevoir, une certaine forme de rejet et des reniements publics de la part des villageois, en plus d'une barrière linguistique, la plupart des locaux ne comprenant pas trop de farsi national. En grattant un peu, ils finissent par rencontrer une amie de l'ado et puis l'ado en fugue. Difficile de na pas penser à "Où est la maison de mon ami ?" d'Abbas Kiarostami et à ce petit écolier qui cherchait son copain pour récupérer son cahier, vu les aller-retours constant sur le même chemin.
Le cinéaste Panahi (auteur du Taxi Téhéran) se met lui-même en scène dans ce road-movie (enfin chemin de montagne-movie) qui n'est pas vraiment passionnant et ne nous montre qu'un seule (petit) coin de son pays, mais le spectateur se doit de se dire qu'il fait un petit acte de résistance en le visionnant, même si le cinéaste en fait un autrement plus conséquent. Si la légende est vraie que Panahi est toujours assigné a casa et interdit de doublage, on doit se dire qu'il est passé maitre d'ans l'art de filmer en catimini avec des moyens de base riquiqui et cela se ressent un peu visuellement: de nombreux plans fixes, caméras unique, des longueurs extrêmes pour meubler et atteindre une longueur +/- standard sur un scénario qui tient sur un timbre de poste, en partie dû à cause de la nature illégale ou interdite de filmer. On pourra épiloguer sans fin sur la signification du titre du film et surtout du nombre trois, mais le coté actrice du passé, présent et futur me semble un peu tiré par les cheveux, mais je n'ai aucune explication alternative à offrir. 6/10, mais pour le militantisme contre l'obscurantisme, il est plutôt obligatoire de le voir.
Mon choix:
Burning (Corée) Lors d'une livraison à Séoul, un jeune coursier (un aspirant-écrivain) issu de la campagne rencontre une jeune femme légère et farfelue de son bled natal. Ne la reconnaissant pas tout de suite, il finissent par boire un verre et finissent au lit. Elle lui demande d'habiter chez elle pendant le temps qu'elle fera un voyage esotérico-mystique en Afrique australe, pour nourrir un chat invisible. Of course, le jeune homme un peu gauche, balourd s'éprend de la belle (enfin devenue) belle évaporée, mais déchante lorsqu'à son retour elle ramène un Séoulien plutôt affluent dans ses bagages. Les trois se fréquentent, surtout axé sur les connaissance du bourgeois en Porsche. Devant retourner dans la ferme paternelle bled paumé (on entend la propagande communiste tellement la frontière est proche) pour aider son père colérique avec ses ennuis avec la justice, il ne peut occuper la place auprès de la belle, laissant l'autre envahir le terrain avec son train de vie de jeunesse dorée mais oisive. Après un commentaire malheureux du balourd, la belle disparait sans laisser de trace, même s'il y a des indices de ses passages dans l'appartement luxueux du rival. Rival qui n'en est pas vraiment un, puisqu'ils sont deux à ne pas savoir... mais la jalousie de l'un, le poussera à un acte irréparable.
Le cinéaste Lee Chang-dong nous fait une adaptation de "Granges brûlées" du romancier japonais Haruki Murakami, mais nous impose dans la deuxième partie un rythme lent et musique lourde contribuent à créer un climat envoutant de mystère et de tension menaçante. Il ne nous donnera d'ailleurs pas de réponses à nos questionnements du pourquoi, laissant les spectateurs nombreux (le passage à Cannes aidant) assez frustrés en sortant de la grande salle de projection. Filmé dans une Corée souvent grise et triste, malgré le fait que l'action se passe sur un an (et plus), même la campagne est triste, et les serres en plastiques font de piètres "granges", même en brulant. Métaphores et imprécisions volontaires (et "flou artistique") sont aussi au menu, mais il est difficile de parler de climat poétique (plusieurs de ses œuvres précédentes avait la poésie comme ambition), tant certains scènes sont glauques, malgré quelques passages très réussis, surtout grâce à la lumineuse Yoo Ah-in (cela ne s'invente pas) et son physique alléchant. 7.5/10
Mieux vaut tapis Persan volé que tapis volant percé (Uderzo.... et oui, pas Goscinny)