Ce que je trouve pertinent dans l'intervention de Bajram, c'est la lucidité et l'honnêteté intellectuelle.
Loin de se cacher il élargit la réflexion et n'hésite pas à pointer le paradoxe de certaines envies.
Grâce à un exemple clair, précis et d'une sommité (un traducteur professionnel, directeur du collège de traductions littéraires) qui explique en quoi les progrès techno vont réduire les tâches "simples" mais rémunératrices des traducteurs.
Mais il rappelle aussi que les rêves d'ouverture de la création au plus grand nombre ont été concrétisé par ces mêmes progrès techno. Ajoutant même que cette tendance va continuer et implicitement, il exhorte les acteurs (et les politiques) à prendre ce sujet au sérieux.
C'est d'autant plus pertinent que lui-même crée via cette technologie, même si utiliser Adobe ne met au chômage les coloristes (puisque l'utilisateur d'Adobe est... coloriste) ou Citrix les dessinateurs, mais il attire l'attention sur cet effet pervers :
Plus rapide et plus ouvert mais du coup plus de monde et plus de production et donc moins de taf par créateur.
C'est encore une fois clair et limpide pour expliquer à tous, même au plus idiot ou à celui faisant preuve de la plus grande mauvaise foi, que le problème, complexe et pas limité au 9eme Art, ne sera pas résolu à coup de "ouais fokil" et autre "cébienfépourheu".
L'implication de l'État et du ministère de la Culture, à l'heure où son budget fond comme neige au soleil et où l'absence de politique culturelle est criante, devient alors évident.
J'aime bien quand les sujets intéressants sont traités par des mecs de terrain, à la vision large qui cherchent le dialogue et des solutions. Ça change de ce qu'on voit sur le Net.
