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C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition - 2010-2021

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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede yannzeman » 01/08/2019 08:09

Message précédent :
Karzak a écrit:
chris24 a écrit:Plusieurs choses qui ont fini par me sauter aux yeux quand même à la longue :

- le coût du diffuseur est juste énorme. Presque 31.000 € vont dans sa poche juste pour faire transiter ce tirage de 10.000 BD pris en exemple dans les différents points de vente, le ré-achalandage et gérer les retours libraire. Peut-être que pour les BD à très gros débit il y a un achalandage quotidien, mais pour celle où je vais, c'est 2 fois par semaine. Sachant que les camions font une tournée, qu'ils livrent d'autres BD en même temps et plusieurs librairies par jour ça m'a pas l'air d'être un mauvais plan cette histoire-là !

Il y a 5000 BD éditées par an environ, je vous laisse imaginer le volume et ce que ça représente en chiffre d'affaire.
On a le chiffre d'affaire globale de la BD par an ? Histoire de voir ce que ça représente avec les 22 % alloués au diffuseur ! :twisted:

- Je n'étais pas trop raccord avec le point de vue de yannzeman quant au fait de réduire la quantité de BD éditées pour vendre plus. Et je ne le suis toujours pas D'ailleurs. Moi qu'il en sorte 3000 ou 5000, je ne prendrai que les 100 qui m'intéressent et qui se situent dans le haut du panier donc ça changera pas grand chose dans mes achats. Mais sur les 5000 éditées il doit y en avoir un bon paquet qui sont des daubes éditées à 1000 ex. et qui font quelques centaines de ventes seulement...

Là où je veux en venir c'est que comme on l'a vu précédemment, il y a des frais fixes inévitables à tout projet d'édition qui se transforment en perte sèche si c'est un flan. Et c'est pas tant le coût de l'imprimeur mais surtout de l'avance sur droit qui va coûter cher. Si on part de l'hypothèse que 1000 BD éditées vont faire un flop assuré, et si on évitait de les éditer pour se concentrer sur les 4000 de meilleure qualité, alors on réduirait les pertes sèches. Du coup on augmente les bénéfices et la rentabilité. Ce qui permet en retour de mieux payer les auteurs édités.


L'idée semble plutôt fonctionner mais c'est peut-être à cette étape (cf. gras) que ça coincerait : je ne suis pas certain qu'il soit simple d'anticiper un flop. Quand l'éditeur y va c'est parce qu'il est convaincu que ça va fonctionner. L'auteur il est aussi convaincu de son truc (j'espère) ... du coup ça devient difficile d'identifier les 1000 en question.
Sans parler du fait qu'il peut y avoir (et il y a, dans certains cas, c'est certain) une différence entre le succès commercial et la qualité de l'album. Pour schématiser, tu as des daubes (non non, ne refaisons pas le débat sur ce qu'est une daube :-D ) qui vont se vendre super bien et tu as des BDs un peu "compliquées", difficiles d'accès, qui vont avoir un public très très limité mais qui, pour ce public, sont d'une grande qualité ...
Pas simple ... :(


La réponse est dans la question.
En terme de vente, la qualité n'entre pas en compte.
Vous l'écrivez vous-même : un public limité en nombre, donc de faibles ventes. Un éditeur qui ne possède pas de best-seller(s) à son catalogue (pour amortir les pertes des albums qui se vendent moins bien) ne devrait pas éditer ça, et cela laissera plus de visibilité pour les autres albums, ceux qui ont une chance de mieux se vendre.

Et je reprend mon argumentaire concernant l'intérêt d'une baisse de l'offre qui permettrait une meilleure répartition des revenus tout en ne faisait pas baisser le volume des ventes :
Lorsque j'allais plus souvent au cinéma, si je voyais un bon film, cela me donnait envie d'en voir d'autres ; par contre, si je tombais sur un navet, je n'allais pas voir d'autres films pendant un temps.
et donc, si je lis une bonne BD (généralement, ce qui est bon se vend bien), je vais vouloir en lire d'autres, et donc retourner chez mon libraire. Si le marché est inondé de BD moyennes (pour être gentil), cela ne va pas aider.

Et comme le souligne Pouffy, s'agissant des mangas, un écrémage est fait au moment de la prépublication dans les magazines, au Japon. Mais cela n'empêche pas que, au final, la baisse de l'offre ne diminue pas la demande, bien au contraire.
Alors si il n'y a plus cet écrémage, concernant les BD FB, du fait de la disparition des magazines de prépublication, c'est à l'éditeur de faire cet écrémage : c'est quand même pas compliqué de refuser d'éditer certaines BD, ne serait-ce qu'en raison de graphismes pas encore au point, ou pour des scénarii vraiment nazes.

Il y aura toujours des contre-exemples, des projets vraiment aboutis, mais qui n'ont pas trouvé leur public :
la semaine dernière, j'ai retrouvé (et relu) "AD Police", un vieux manga des années 90 que j'aime beaucoup, dont son auteur Tony Takezaki (fan assumé de Otomo), a ensuite proposé "Génocyber". Hélas, "Génocyber" n'a pas trouvé son public au japon, et s'est arrêté très vite. Pourtant, je trouvais ça super bien.

Mais globalement, les mauvais projets, un oeil averti (d'éditeur) devrait les détecter sans problème, et empêcher leur publication.
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Nirm » 01/08/2019 08:33

yannzeman a écrit:En terme de vente, la qualité n'entre pas en compte.

(généralement, ce qui est bon se vend bien),

Tout et son contraire...
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede yannzeman » 01/08/2019 08:40

Nirm a écrit:
yannzeman a écrit:En terme de vente, la qualité n'entre pas en compte.

(généralement, ce qui est bon se vend bien),

Tout et son contraire...


Bin non :
généralement, ce qui est bon se vend bien, mais la qualité n'est pas un gage de vente assurée.
ce n'est pas contradictoire, il faut juste comprendre ce que veut dire "généralement" (qui ne signifie pas "à tous les coups").
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Karzak » 01/08/2019 08:42

yannzeman a écrit:
Karzak a écrit:
chris24 a écrit:Plusieurs choses qui ont fini par me sauter aux yeux quand même à la longue :

- le coût du diffuseur est juste énorme. Presque 31.000 € vont dans sa poche juste pour faire transiter ce tirage de 10.000 BD pris en exemple dans les différents points de vente, le ré-achalandage et gérer les retours libraire. Peut-être que pour les BD à très gros débit il y a un achalandage quotidien, mais pour celle où je vais, c'est 2 fois par semaine. Sachant que les camions font une tournée, qu'ils livrent d'autres BD en même temps et plusieurs librairies par jour ça m'a pas l'air d'être un mauvais plan cette histoire-là !

Il y a 5000 BD éditées par an environ, je vous laisse imaginer le volume et ce que ça représente en chiffre d'affaire.
On a le chiffre d'affaire globale de la BD par an ? Histoire de voir ce que ça représente avec les 22 % alloués au diffuseur ! :twisted:

- Je n'étais pas trop raccord avec le point de vue de yannzeman quant au fait de réduire la quantité de BD éditées pour vendre plus. Et je ne le suis toujours pas D'ailleurs. Moi qu'il en sorte 3000 ou 5000, je ne prendrai que les 100 qui m'intéressent et qui se situent dans le haut du panier donc ça changera pas grand chose dans mes achats. Mais sur les 5000 éditées il doit y en avoir un bon paquet qui sont des daubes éditées à 1000 ex. et qui font quelques centaines de ventes seulement...

Là où je veux en venir c'est que comme on l'a vu précédemment, il y a des frais fixes inévitables à tout projet d'édition qui se transforment en perte sèche si c'est un flan. Et c'est pas tant le coût de l'imprimeur mais surtout de l'avance sur droit qui va coûter cher. Si on part de l'hypothèse que 1000 BD éditées vont faire un flop assuré, et si on évitait de les éditer pour se concentrer sur les 4000 de meilleure qualité, alors on réduirait les pertes sèches. Du coup on augmente les bénéfices et la rentabilité. Ce qui permet en retour de mieux payer les auteurs édités.


L'idée semble plutôt fonctionner mais c'est peut-être à cette étape (cf. gras) que ça coincerait : je ne suis pas certain qu'il soit simple d'anticiper un flop. Quand l'éditeur y va c'est parce qu'il est convaincu que ça va fonctionner. L'auteur il est aussi convaincu de son truc (j'espère) ... du coup ça devient difficile d'identifier les 1000 en question.
Sans parler du fait qu'il peut y avoir (et il y a, dans certains cas, c'est certain) une différence entre le succès commercial et la qualité de l'album. Pour schématiser, tu as des daubes (non non, ne refaisons pas le débat sur ce qu'est une daube :-D ) qui vont se vendre super bien et tu as des BDs un peu "compliquées", difficiles d'accès, qui vont avoir un public très très limité mais qui, pour ce public, sont d'une grande qualité ...
Pas simple ... :(


La réponse est dans la question.
En terme de vente, la qualité n'entre pas en compte.
Vous l'écrivez vous-même : un public limité en nombre, donc de faibles ventes. Un éditeur qui ne possède pas de best-seller(s) à son catalogue (pour amortir les pertes des albums qui se vendent moins bien) ne devrait pas éditer ça, et cela laissera plus de visibilité pour les autres albums, ceux qui ont une chance de mieux se vendre.

Et je reprend mon argumentaire concernant l'intérêt d'une baisse de l'offre qui permettrait une meilleure répartition des revenus tout en ne faisait pas baisser le volume des ventes :
Lorsque j'allais plus souvent au cinéma, si je voyais un bon film, cela me donnait envie d'en voir d'autres ; par contre, si je tombais sur un navet, je n'allais pas voir d'autres films pendant un temps.
et donc, si je lis une bonne BD (généralement, ce qui est bon se vend bien), je vais vouloir en lire d'autres, et donc retourner chez mon libraire. Si le marché est inondé de BD moyennes (pour être gentil), cela ne va pas aider.

Et comme le souligne Pouffy, s'agissant des mangas, un écrémage est fait au moment de la prépublication dans les magazines, au Japon. Mais cela n'empêche pas que, au final, la baisse de l'offre ne diminue pas la demande, bien au contraire.
Alors si il n'y a plus cet écrémage, concernant les BD FB, du fait de la disparition des magazines de prépublication, c'est à l'éditeur de faire cet écrémage : c'est quand même pas compliqué de refuser d'éditer certaines BD, ne serait-ce qu'en raison de graphismes pas encore au point, ou pour des scénarii vraiment nazes.

Il y aura toujours des contre-exemples, des projets vraiment aboutis, mais qui n'ont pas trouvé leur public :
la semaine dernière, j'ai retrouvé (et relu) "AD Police", un vieux manga des années 90 que j'aime beaucoup, dont son auteur Tony Takezaki (fan assumé de Otomo), a ensuite proposé "Génocyber". Hélas, "Génocyber" n'a pas trouvé son public au japon, et s'est arrêté très vite. Pourtant, je trouvais ça super bien.

Mais globalement, les mauvais projets, un oeil averti (d'éditeur) devrait les détecter sans problème, et empêcher leur publication.


Super intéressant comme réflexion ! Tu as l'air d'y avoir pas mal réfléchi ! :respect:
Mais du coup, le truc qui me fait peur c'est typiquement le jeune auteur, un peu fou fou et pas forcément bien compris mais qui est bourré de talent ... personne lui donnera sa chance ?
"Vous pouvez parler en toute franchise. Pour faire court, vous êtes ici chez les salopards, hein, c'est admis. On n'a pas des idées bien jojos et on n’a pas peur de le dire ! On fomente, on renégate, on laisse libre cours à notre fantaisie..."
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Nirm » 01/08/2019 08:46

Tu as écrit, "en terme de ventes, la qualité n'entre pas en compte".
Donc tu ne peux pas, si tu es cohérent, affirmer que ce qui est bon se vend, ce qui n'est pas bon ne se vend pas, etc.
Que ce soit généralement, occasionnellement, périodiquement ou ce que tu veux.


Écrire "En terme de légumes, l'apparence n'entre pas en compte. Généralement les beaux légumes sont bons" c'est stupide, si tu ne le comprends pas, je n'y peux rien.
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Karzak » 01/08/2019 08:49

Fruits moches.jpg
Fruits moches.jpg (58.86 Kio) Vu 504 fois
"Vous pouvez parler en toute franchise. Pour faire court, vous êtes ici chez les salopards, hein, c'est admis. On n'a pas des idées bien jojos et on n’a pas peur de le dire ! On fomente, on renégate, on laisse libre cours à notre fantaisie..."
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Xavier Guilbert » 01/08/2019 09:08

chris24 a écrit:Moi j'aurais mis ça comme ça :

Un éditeur veut éditer une BD à 10.000 ex.
La BD sera vendue admettons 14 € en librairie (vendue 10 € par l'éditeur)

Frais initiaux du projet :
- Il donne une avance sur droits à l'auteur (15.000 €) (fixe ou pas ? variable selon l'auteur ? Selon la pagination ?)
- L'imprimeur lui demande 1000 € (10 %) qui sont payés initialement, quoiqu'il advienne de l'album ensuite, succès ou pas.
On va dire que ça c'est le coût initial.
Ce projet reviendrait, pour ce volume de tirage, à 16.000 € d'entrée de jeu.


Attention, les frais du diffuseurs portent sur l'ensemble des ouvrages mis en place + les retours. Et les pourcentages que tu utilises sont des moyennes pour l'ensemble de la chaîne, une fois les invendus déduits -- ce qui rend l'évaluation précise du coût dans les différents scénarios plus complexe. L'impression, par exemple, est un coût lié au tirage (avec différents facteurs qui l'impactent: type de livre, coût de la fabrication, nombre d'exemplaires imprimés...=> un Astérix tiré à 3m d'exemplaires a un coût unitaire bien plus faible d'un album 48CC similaire tiré à 3000).
Les chiffres que j'ai pu croiser indiquent que globalement, la partie la plus rentable de la chaîne du livre est celle du diffuseur, avec une marge autour de 10%. A l'inverse, la moins rentable est celle du librairie, qui est auteur de 2%.

Ce qui impacte le plus fortement la rentabilité de l'éditeur, c'est de méjuger du potentiel de vente d'un titre, et de se retrouver avec trop d'invendus. Même si dans ce cas, les gros éditeurs peuvent s'appuyer sur la notoriété de leurs marques, et s'assurer que les livres restent en rayon suffisamment longtemps pour limiter les dégâts (je pense par exemple au Titeuf #13 en 2012, qui avait vendu 230k exemplaires en France à fin décembre sur un tirage annoncé d'un million d'exemplaires).

Sous-estimer a un impact également (puisqu'il faut réimprimer, ce qui mène à un coût unitaire élevé et représente ainsi une opportunité ratée d'augmentation de rentabilité du titre), mais apporte des rentrées supplémentaires -- à condition qu'il reste suffisamment de potentiel de ventes à réaliser. Certains petits éditeurs renoncent parfois à un retirage qui leur laisserait trop d'invendus, et plomberaient ainsi ce qui est au départ une opération positive.

Ce jeu d'estimation a priori du potentiel d'un titre est très complexe, et personne n'a aujourd'hui trouvé le moyen de gagner à tous les coups. Et c'est vrai autant pour la bande dessinée que pour tous les autres domaines culturels -- il suffit de se tourner vers le cinéma pour voir combien le succès est une bête difficile à dompter. Tout cela se joue à peu de choses, et la qualité intrinsèque de l'oeuvre n'est qu'un facteur parmi beaucoup d'autres, comme beaucoup d'études l'ont prouvé. Il faut beaucoup se méfier de l'histoire écrite après coup, dans laquelle on a tendance à mettre en avant l'inéluctabilité de la réussite, face à une réalité dans laquelle la chance a joué une part incroyable.
(C'est pour cela que je suis toujours assez énervé par le discours dithyrambique qui entoure Hergé, que l'on porte aux nues en célébrant son génie, alors que ses historiens mêmes reconnaissent qu'il a souvent aussi construit cette notoriété en empêchant certains de ses collaborateurs de lui faire de l'ombre. Le talent n'explique pas tout.)
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Pouffy » 01/08/2019 09:39

yannzeman a écrit:si je lis une bonne BD (généralement, ce qui est bon se vend bien)


Non ce n'est pas forcément lié... et ce pour trois raisons :
1) le principe de l'abonnement psychologique et l'approche mono-série.
- Pour les gros amateurs : Le tome 1 était très bon, c'est de la merde depuis le tome 23... on en est au tome 46 mais je continue d'acheter en espérant que ce soit de nouveau bon (blake et mortimer, thorgal, Astérix, Lucky luke... etc...).
- Pour les petits amateurs : Je ne connais que peu de séries, ces sont celles ma jeunesse donc je continue en pensant que c'est bon sans regarder ce qui sort autour (Jérôme K Jérôme Bloche, Yoko Tsuno, Alix...).
2) le ciblage marketing hors BD. La cible des lecteurs de BD est faible donc autant en cibler une autre et leurs faire acheter des BDs alors qu'ils ne font pas parti du lectorat traditionnel. Joe Bar Team, Droit au but, les collections Paquet, Cauet, Arthur, tous les trucs sur les chanteurs, la cuisine, Kho lanta, les blondes, les infirmières... dans ces cas là, la BD peut être une sombre merde, ça n'entre pas en compte.
3) la moitié des BDs vendues ne sont pas achetées par ceux qui les lisent... donc il y a les bons cadeaux et les cadeaux de merde (là encore la qualité de la BD n'entre pas en compte) : le guide du retraité, tout sur le foot, nouveau parent, le trentenaire, les gémeaux... etc...

yannzeman a écrit:c'est à l'éditeur de faire cet écrémage : c'est quand même pas compliqué de refuser d'éditer certaines BD, ne serait-ce qu'en raison de graphismes pas encore au point, ou pour des scénarii vraiment nazes.


Là je suis parfaitement d'accord...
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede ubr84 » 01/08/2019 09:53

Pouffy a écrit:3) la moitié des BDs vendues ne sont pas achetées par ceux qui les lisent... donc il y a les bons cadeaux et les cadeaux de merde (là encore la qualité de la BD n'entre pas en compte) : le guide du retraité, tout sur le foot, nouveau parent, le trentenaire, les gémeaux... etc...


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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Xavier Guilbert » 01/08/2019 10:01

Pouffy a écrit:
yannzeman a écrit:c'est à l'éditeur de faire cet écrémage : c'est quand même pas compliqué de refuser d'éditer certaines BD, ne serait-ce qu'en raison de graphismes pas encore au point, ou pour des scénarii vraiment nazes.

Là je suis parfaitement d'accord...

Ah, le "c'est pas compliqué de..."
Parce que bien sûr, tout le monde a exactement les mêmes goûts, et juge les bouquins de la même manière. Ca me fait penser à quelques échanges autour de la sélection d'Angoulême, comme quoi Bastien Vivès ne sait pas dessiner alors que tel autre est un véritable Michel-Ange du Panzer.
Au contraire, je trouve que cette diversité de point de vue est une véritable richesse, et que c'est justement en allant vers des récits qui sortent de ce à quoi on a été habitué, que l'on peut véritablement changer son regard sur le monde.
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Pouffy » 01/08/2019 10:13

Xavier Guilbert a écrit:Ah, le "c'est pas compliqué de..."
Parce que bien sûr, tout le monde a exactement les mêmes goûts, et juge les bouquins de la même manière. Ca me fait penser à quelques échanges autour de la sélection d'Angoulême, comme quoi Bastien Vivès ne sait pas dessiner alors que tel autre est un véritable Michel-Ange du Panzer.
Au contraire, je trouve que cette diversité de point de vue est une véritable richesse, et que c'est justement en allant vers des récits qui sortent de ce à quoi on a été habitué, que l'on peut véritablement changer son regard sur le monde.


Personnellement, je pensais à de vraies erreurs : fautes d'orthographes ou de traduction, mots oubliés, bulles mals détourées rendant le texte illisible, erreurs graphiques, de perspectives, incohérences de scénarios, problème d'ellipse...

Tu as des BDs qui ne fonctionnent pas alors qu'elle en présentent aucun défaut technique. Tu as aussi des BDs que visiblement personne n'a lues ou relues avant leur publication tant les erreurs sont énormes.
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Xavier Guilbert » 01/08/2019 10:24

Pouffy a écrit:Personnellement, je pensais à de vraies erreurs : fautes d'orthographes ou de traduction, mots oubliés, bulles mals détourées rendant le texte illisible, erreurs graphiques, de perspectives, incohérences de scénarios, problème d'ellipse...

Tu as des BDs qui ne fonctionnent pas alors qu'elle en présentent aucun défaut technique. Tu as aussi des BDs que visiblement personne n'a lues ou relues avant leur publication tant les erreurs sont énormes.

Sur les aspects purement techniques (relecture orthographique et fabrication du livre), je suis d'accord. C'est la base du travail éditorial, et on observe malheureusement trop d'occasions où celui-ci est fait à l'économie.
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede nexus4 » 01/08/2019 10:51

Si un écrémage devait se faire, c'est pas tant dans ce qui est "différent" que dans ce qui est "pareil".
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede Xavier Guilbert » 01/08/2019 10:53

nexus4 a écrit:Si un écrémage devait se faire, c'est pas tant dans ce qui est "différent" que dans ce qui est "pareil".

:ok:
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede dod » 01/08/2019 12:06

nexus4 a écrit:Si un écrémage devait se faire, c'est pas tant dans ce qui est "différent" que dans ce qui est "pareil".



Par qui et comment ? un comité "d'éthique" ? :D :D
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede yannzeman » 01/08/2019 14:03

A Nirm :
les bonnes BD se vendent généralement mieux que les mauvaises, même si de bonnes BD ne trouvent pas leur public, et des BD de mauvaise qualité si. Ces cas là sont heureusement rares, et dans la durée, une certaine logique l'emporte.
Après, je suis d'accord avec les remarques de Pouffy. Il y a plein de raisons d'acheter, qui ne sont pas toutes basées sur la qualité.
Mais le travail d'un éditeur, c'est quand même de sentir les choses, et la mauvaise qualité se sent quand même, même avec des contre-exemples.

Par contre, je suis moins d'accord avec Nexus4, sur le fait d'écrémer sur la base du "différent", plutôt que du "pareil".
Nous avons tous entendu (et cela a été rappelé sur ce topic) des libraires conseiller tel album à un lecteur, parce que c'est proche de tel album qu'il a aimé.
Pour sortir de la BD, je lis des polars.
J'aime beaucoup les polars "qui viennent du froid", et donc je recherche des romans proche de ceux que j'ai déjà aimé, pour prolonger le plaisir.
Idem pour les séries TV ("vous aimez "Vikings" ? vous allez aimé "the last kingdom"), les films, etc...
Je n'entend jamais "vous avez aimé "Vikings" ? vous allez adorer "orange is the new black" ! :-D

Quant aux débutants (pour répondre en partie à Karzak), ce n'est pas au lecteur de supporter le prix de leurs balbutiements (en tout cas, pas au prix d'un album) ; c'était possible du temps de la prépublication, parce que c'était noyé dans les BD de confirmés, et à un prix très raisonnable. Il faut remettre au gout du jour le principe des ateliers où se formaient les futurs auteurs.
je n'ai pas de solution pour le futur Michel-Ange un peu foufou, par contre ; à part la persévérance et un éditeur ayant les reins suffisamment solides ?

Et, s'agissant des fruits et légumes, je n'achètes plus mes tomates de la même façon :
fini les belles tomates bien calibrées, bien alignées, d'une durée de vie de 3 semaines, en branche et qui n'ont aucune saveur (ni aucun apport nutritif) ; dorénavant, je privilégie les moches, les coeurs de boeufs, qui ont plus de gout, avec une peau plus fine et une durée de conservation plus réduite (puisque de toute façon, je fais mes courses tous les samedis, alors une durée de conservation de 3 semaines, c'est comme la possibilité de programmer sur 1 an un enregistrement TV sur lecteur VHS :-D ).
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede tzynn » 01/08/2019 14:24

Xavier Guilbert a écrit:(C'est pour cela que je suis toujours assez énervé par le discours dithyrambique qui entoure Hergé, que l'on porte aux nues en célébrant son génie, alors que ses historiens mêmes reconnaissent qu'il a souvent aussi construit cette notoriété en empêchant certains de ses collaborateurs de lui faire de l'ombre. Le talent n'explique pas tout.)


Il faut aussi du talent pour construire sa notoriété et pour gérer les égos de ses collaborateurs :D
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede tzynn » 01/08/2019 14:28

nexus4 a écrit:Si un écrémage devait se faire, c'est pas tant dans ce qui est "différent" que dans ce qui est "pareil".


Le prochain Boiscommun, je pensais à la vue de la couv que c'était un nouveau Troll de Troy. Bein en fait non mais ça a l'air tout pareil. Faut-il écrémer d'emblée? :)

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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede ubr84 » 01/08/2019 14:32

C'est Boiscommun cette couv' ?

Sérieux ? :shock: :cry:
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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede icecool » 01/08/2019 14:51

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Re: C'est la crise ? Auteurs et monde de l'édition

Messagede yannzeman » 01/08/2019 15:09

tzynn a écrit:
Xavier Guilbert a écrit:(C'est pour cela que je suis toujours assez énervé par le discours dithyrambique qui entoure Hergé, que l'on porte aux nues en célébrant son génie, alors que ses historiens mêmes reconnaissent qu'il a souvent aussi construit cette notoriété en empêchant certains de ses collaborateurs de lui faire de l'ombre. Le talent n'explique pas tout.)


Il faut aussi du talent pour construire sa notoriété et pour gérer les égos de ses collaborateurs :D


Et, concernant Hergé, il suffit de lire les "chronologies d'une oeuvre", pour se rendre compte qu'il était un génie.
Ses collaborateurs ont pu exprimer leur talent à côté de / après leur collaboration, et aucun n'a dépassé le maitre, même si certains (Jacobs, Martin, Leloup, De Moor,...) étaient géniaux.

Hergé était génial aussi dans la gestion du mythe Tintin, effectivement ; mais son génie était avant tout en tant qu'auteur.
Enfin, c'est mon avis.
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