monsieur_potiron a écrit:Un bon "méchant" est un personnage franchement mauvais, mais avec une part d'humanité suffisamment visible pour qu'on puisse s'identifier à lui et flipper en imaginant devenir comme lui. Ce sont les motivations du méchant qui font de lui un personnage troublant. C'est le cas d'Anakin Skywalker ou de Ben Linus de la série Lost... Il peut s'agir de parfaits psychopathes... mais ils restent désespérément humains...
Olrik, quant à lui, appartient à autre catégorie: c'est une figure. Un peu comme le gendarme de Guignol, il représente l'archétype du méchant par essence ("il est aussi méchant parce que!"), forcément répétitif... Il n'a d'autre rôle que de mettre en valeur les qualités morales du héros. En cela, on ressent peu d'empathie pour lui et il peut parfois devenir ridicule (damned, Olrik!).
Quand vous comparez les méchants entre eux, il faut tenir compte de leur typologie. C'est un peu vain de les juger s'ils n'appartiennent pas à la même catégorie. Olrik est parfait en tant que Némésis, mais franchement mauvais en tant que bad guy.
Le génie de Van Hamme a été, dans l'Affaire Francis Blake, de fausser le rapport entre les gentils et les méchants. Les qualités morales de Blake n'étaient plus évidentes, au moins dans un premier temps. Cela a amené Olrik à jouer un rôle différent. Seul Mortimer restait identique à lui même... Je pense qu'on retrouve un peu de cela dans l'Onde Septimus avec un début de sympathie entre Mortimer et Olrik...
En fait il y a aussi un problème avec Olrik, comme avec la majorité des mauvais d'ailleurs, c'est qu'il ne gagne vraiment jamais...ça fausse un peu l'intérêt du personnage.
Quand est-ce qu'un auteur osera vraiment faire un mauvais qui gagne alors qu'il n'est pas un héros de la série ???
De là à considérer que c'est un looser, ça ne cadre pas avec la personnalité du gars donc il est continuellement en porte-à-faux.
L'avantage de Borg est que dans certains albums, il devient l'allié de Lefranc, ce qui rétablit un peu l'équilibre.
Si on veut des méchants qui mettent les héros en valeur, allons chercher chez Astérix avec les Romains mais ne "détruisons" pas un personnage comme Olrik.
Le grand avantage que j'ai trouvé à l'album de Choc, c'est que là, le méchant, c'est lui le héros et qu'il gagne...il n'a pas encore rencontré les grassouillets...
De plus les méchants du calibre d'Olrik ou de Borg ne sont pas des c..., ils ont du pouvoir, l'intelligence, des moyens et un physique...c'est un peu frustrant de toujours les voir prendre une branlée.
Si on veut vraiment renouveler le genre, faudrait OSER...une fois...pour rétablir la balance...
![Maboule [:my name snake:2]](./images/smilies/mynamesnake.gif)