Le niveau baisse cette fois-ci, dans ce premier opus en lien avec Carthage. Il y a des soucis de fonds et de forme : sur le fonds, l’arrivée d’Enak plusieurs pages après le début du volume ne sert pas à grand-chose, vu qu’il va se cacher une fois et sera enlevé deux fois. Mais c’est la forme qui est la plus problématique, avec des pages qui sont en général partagées en 5 bandes, avec parfois une partie de deux de ces bandes coupée en 2, comme dans l’exemple ci-dessous :
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et comme il y a du texte dans ces cases, celui-ci est souvent écrit en très petits caractères, ce qui le rend pénible à lire.
Sur l’histoire, elle souffre de traîner en longueur et surtout de demander trop de suspension d’incrédulité : les ennemis d’Alix, menés encore une fois par Arbacès (qui meurt bien à la fin du volume cette fois-ci : on voit son corps flotter au milieu de la mer et le narrateur parle de son « cadavre »), utilisent des inventions modernes. Non seulement la poudre (déjà vue dans le tome précédent, mais il y avait l’excuse de savants chinois), mais aussi les miroirs réfléchissants inspirés d’Archimède (qui ne les a en réalité probablement jamais inventés) en plus puissants, des flèches explosives et… la machine à vapeur. Ca fait quand même un peu beaucoup pour que l’on puisse croire à l’histoire racontée.
Ceci dit, l'album finit quand même sur une bonne note, avec la destruction de l'île qui suite une scène de sacrifice humain (enfin, de tentative) avec des personnages complètement déchaînées. La statue de Moloch est vraiment marquante.
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Voici un album plus intéressant. Alix aide l’héritier légitime d’une dynastie à retrouver son trône, sa légitimité étant établie par la possibilité de porter une tiare en or qui rend fou tout autre qu’un descendant du roi qui l’avait fait fabriquer. Face à lui, le grand vizir des Parthes qui veut devenir roi à la place du roi et qui n’es autre… qu’Arbacès. Ben oui, le narrateur s’est planté dans le volume précédent. Alix est cette fois-ci accompagné d’Enak dès le début et celui-ci ne se fait enlever qu’à une reprise, vers la fin. Il y a du progrès…
Sinon, l’histoire est sympathique à suivre : il y a pas mal de rebondissement et d’action, dus parfois à la trop grande loyauté d’Alix qui fait trop confiance à ses ennemis mais celui-ci sait aussi prendre des initiatives audacieuses et utiles, notamment sur la fin lors de l’assaut final contre les troupes d’Arbacès. Celui-ci ne se montre pas vraiment fourbe et manipulateur (du moins pas autant que d'habitude) mais, vu qu’il a déjà à peu près tous les pouvoirs, il est autoritaire et brutal. Moins intéressant qu’avant du coup, pour sa dernière apparition – avant sa résurrection plus tard, si j’ai bien compris ; mais je n’ai que les albums dessinés par Martin.