
fin du tome 2 de Vernon Subutex. Joli tour de force littéraire que cette série. Le premier tome relatait la lente chute de son héros, qui finissait SDF. Dans ce deuxième tome, nous le voyons devenir un peu malgré lui le pseudo gourou d'une groupe de personnages croisés au cours du tome 1.
La particularité est que Vernon apparaît surtout en creux, à travers ce qu'en disent ceux qui le cotoyent. Chaque chapitre adope le point de vue d'un personnage différent, avec son passif, son ressenti... Vernon apparait comme le coeur d'une constellation bizarre, où gravitent une star porno, une serveuse-tatoueuse, un demi-clochard qui a touché le jackpot, un détective privé lesbienne... Et le résultat est très agréable et souvent jouissif. Si le ton n'est plus à la provocation gueularde des débuts de Virginie Despentes, son Vernon Subutex conserve un côté iconoclaste assez réjouissant. Le livre est encensé par les Inrocks et télérama (ne zappez pas), mais ressemble pourtant par moment à une sacré satire des dérives de ce qu'incarnent ces médias.
En fait, je pense que vernon Subutex est un très bon livre. Presque un grand livre (j'attends le tome 3 en poche pour conclure)
et pandant que je picore la relecture de la mythologie nordique par Neil Gaiman, j'attaque en vitesse

thriller SF dans la collection "1 heure lumière" du Bélial, qui propose des courts romans d'une centaine de page.
J'avais aimé son "Homme qui mit fin à l'histoire" malgré le fait que la grande originalité de ce récit était de son propre aveu un procédé narratif qu'il avait découvert chez Ted Chiang (son excellente nouvelle "aime ce que nous sommes", dans le recueil "La tour de Babel", que j'avais lu quelques semaines avant le texte de Ken Liu, d'où ma frustration).
Cette fois, il s'agit d'un thriller au point de départ assez classique (un tueur de prostituées traqué par une détective privé) mais qui intègre des éléments de SF plutôt bienvenus.
et comme c'est court, je sais déjà que le suivant sera
