Acheté la semaine dernière, lu ce week-end et un peu déçu.
- Par le scénario dont le sujet semble s'éloigner à mesure que l'histoire avance (ça, d'autres l'ont dit déjà de façon plus ou moins véhémente, mais on verra à la fin du second volet si les choses finissent par s'emboîter de façon cohérente).
- Par la façon dont le contexte historique germanopratin est évoqué (réduire les existentialistes à une bande de zazous sous la coupe d'un tandem de gourous en crise matrimoniale, bof...). Par contre le côté burlesque de cette troupe qui agglomère peu à peu de nouveaux membres à la façon de Jacques Tati dans Playtime est plutôt réussi.
- Par le personnage lui-même de la femme léopard, à la fois africaine, belge, féministe, animiste, avec un côté fille des cités et j'en passe, auquel j'ai eu du mal à adhérer (il me semble qu'elle est essentiellement là pour ouvrir les pistes du second volume et apporter un peu d'érotisme de papier sur lequel Yann appuie plus ou moins lourdement mais dont je crois que j'ai passé l'âge pour l'apprécier réellement).
- Par le fait que le personnage de Glu-Glu (la grande soeur de Seccotine? Pour les moins de 40 ans, la Seccotine était une colle forte qui était réputée coller tout, "même le fer") ne soit pas plus fouillé, lui non-plus.
- Par quelques faiblesses du dessin au niveau de certaines cases (ça saute aux yeux quand on passe de cases à la mise en place impeccable à d'autres, un peu plus "lâchées").
Un peu fatigué aussi par les belgicismes à répétition qui finissent par saturer le récit.
Ceci dit, malgré un bémol (un peu plus haut), le dessin reste dans l'ensemble de grande qualité et les références au premier ou deuxième degré sont autant de plaisirs à aller rechercher, comme le designer-ingénieur Paul Arzens
http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Arzens à qui on a fait une tronche à la Gaston Lagaffe sous son masque de soudeur, ou l'intervention d'Allan (avec l'autorisation de Moulinsart?) et au final, l'album est honnête, au dessus du niveau de pas mal d'autres devant lesquels il arrive qu'on s'extasie (peut-être parce qu'on demande toujours plus à ceux qu'on aime).