jfmal a écrit:Vivès et son coéquipier ont plutôt réussi leur coup. Ils reprennent tous les codes mis en place par Pratt et transposent leur récit à l'époque contemporaine de façon intelligente.
tzynn a écrit:J'ai l'impression de retrouver ce qui fait l'âme du Corto de Pratt, mais sans être une fade copie, en gardant les spécificités des récits de Bastien Vives
kilfou a écrit:Finir hier et très convaincu également, c'est vraiment du Corto dans l'âme sans pour autant sentir la recette comme les ,Pellejero/Canales
Le côté contemporain fonctionne étonnamment bien, et ma foi le dessin de Vivès marche bien, il y a des Corto splendides.
Bref j'étais dubitatif mais c'est du bon !
Lu l'album hier soir et je me range pleinement aux côtés de la triplette d'avis cités ci-dessus.
Ca n'a pas l'ambition d'être l'album de l'année mais c'est néanmoins pour moi une belle réussite. C'est pour moi un très bel exemple de reprise d'un personnage et d'un univers par des auteurs qui en conservent les éléments spécifiques essentiels tout en les entraînant de manière naturelle dans leur univers propre..
Ca n'invalide pas l'approche "canal historique" de Pellejero et Canales mais ça apporte quelque chose de différent et en ce qui me concerne de beaucoup plus stimulant.
On voit souvent dans les reprises récentes soit une démarche conservatrice qui consiste à figer les personnages et leur univers dans leur jus, soit à troquer cet appel à la nostalgie par une vision mettant en scène des personnages vieillis qui appelle inévitablement, directement ou indirectement, à porter notre regard sur leur grandeur passée.
Rien de tout cela ici.
L'excellente idée de présenter un Corto juvénile fait exploser ces deux écueils. On se trouve ici face à une vision résolument contemporaine, dégagée de tout appel à la nostalgie. Je trouve que cela donne beaucoup de fraicheur à l'album, tout en n'oubliant pas de respecter les fondamentaux du Corto original.
C'était drôlement culotté et certainement pas gagné d'avance mais ça fonctionne très bien.
"Ca ne résout pas vraiment l'énigme, ça y rajoute simplement un élément délirant qui ne colle pas avec le reste. On commence dans la confusion pour finir dans le mystère."
Denis Johnson - "Arbre de fumée"