tzynn a écrit:Je suis à la moitié du nouveau (je n'ai pas lu le précédent), et même si ce n'est pas mal fait, il y a un truc qui me perturbe. On dirait que Canales a recensé toutes les spécificités de tous les albums de Corto et a ensuite voulu tous les mettre dans un seul tome. Un grand medley quoi. En qlq pages, on a déjà fait Venise, les mouettes, le voilier sur l'océan, la statue qui parle, la femme noire esclave qui est mystérieuse, Corto qui songe, la course au trésor, la rencontre avec un écrivain aventurier, les armes qui craquent, les souterrains et j'en oublie... On court de référence en référence. On dirait que le jeu est de retrouver à chaque page l'album ou les albums d'origine.
Ce que tu viens d'écrire me rappelle les termes de cette discussion datant de la sortie d'Equatoria et que je me permets de remonter :
...
kilfou a écrit:Lu Equatoria en couleurs.
... Alors c'est un bon album,
y a tout le cahier des charges de Corto (voyage autour du globe, silences, trésor perdu, personnalités historiques), c'est très fidèle niveau dessin au style de Pratt sans pour autant faire copie carbone, la narration est très fluide, tout se lit aisément.
MAIS justement ça fait un peu artificiel, ça fait vraiment recette suivie à la lettre, ça manque un peu de personnalité et d'âme peut-être. Mais je dis ça ptet parce que je SAIS que c'est une reprise, y a un biais évident.
Dans tous les cas la lecture est très agréable, c'est très maîtrisé (un peu trop ptet

)
Jopo de Pojo a écrit:Dans le HS Corto Maltese de L'Express paru il y a deux ans, l'exécutrice testamentaire de Pratt disait qu'il n'y avait pas de cahier des charges. Certes... Mais pour avoir lu "Equatoria", je suis assez d'accord avec Kilfou.
Pomponazzo a écrit:Pour moi, qui n'ai pas lu "Equatoria", ça m'avait déjà bien gêné dans "Sous le Soleil de Minuit", cette histoire de cahier des charges. Ca me paraît évident, c'est pourquoi en général je préfère - de loin - les reprises BD dites "déviantes", voire parodiques, aux officielles, qui semblent appliquer une recette sans âme.
Jopo de Pojo a écrit:Tout dépend ce que l'on appelle cahier des charges. Evidemment, un album de Corto ne devra pas ressembler à un Boule et Bill ou un Lone Sloane...
Voilà ce qu'en disait Patricia Zanotti il y a deux ans :
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Pomponazzo a écrit:Une marche à suivre, une liste à cocher, une procédure pré-établie, une recette... On peut appeler ça comme on veut. En effet si Zanotti affirme que ça n'existe pas, on peut lui faire confiance
Mais ça peut très bien venir des auteurs eux-mêmes, même inconsciemment. Un peu comme l'auto-censure qui règne à l'heure actuelle dans la plupart des médias. Pas besoin de l'imposer, ils se l'appliquent eux-mêmes sans injonction. Les voies de la servilité sont impénétrables...
Je sais, je vois le mal partout

Pomponazzo a écrit:Mou du genou, rassemblement d'ingrédients "incontournables", mais un peu plaqués. Sans âme. Le dessin, lui, semble s'émanciper, le trait est un peu plus sûr que dans le précédent. C'est le côté le plus réussi.
En soi c'est pas de la mauvaise BD...
Mais pâle copie, à des années-lumière de l'oeuvre de Pratt. Je pense malgré tout que ça n'a rien de surprenant, pour que ce soit réussi il faudrait prendre ses distances au lieu de "faire comme".
Il se dégage de vos avis un dénominateur commun. A ce jour, je n'ai pas (encore) lu Equatoria, mais je commence à en percevoir les qualités et les défauts.