Jim Lainé a écrit:soyouz a écrit:Ta capacité d'analyse est-elle différente aujourd'hui qu'à l'époque de ton souvenir ?
Assurément.
J'ai lu plus de choses, j'ai écrit moi-même pas mal de choses (je n'avais rien écrit de publié, à part l'histoire avec Lauffray dans
Scarce, qui est très mal écrite), j'ai réfléchi sur la narration, bref, je suis sensible à des choses différentes, si bien que mon œil et mon cerveau s'intéressent à d'autres choses, ou tout simple, s'intéressent différemment. Ma culture est un peu plus grande qu'avant, si bien ma vision des récits est (je l'espère) plus perspicace.
Et peut-être aussi que je l'avais lu trop vite, à l'époque.

soyouz a écrit: Surtout que tu du recul sur l'histoire et son contenu ?
Et si oui, cela pourrait-il changer ton jugement ?
C'est pas impossible : je vois bien qu'O'Neil avait des plans pour le personnage, qui ont trouvé une concrétisation avec
Knightfall, ce que je ne savais pas à l'époque.
soyouz a écrit:Et involontairement, ne ferais-tu pas un comparatif intérieur avec les productions d'aujourd'hui qui affecterait ton jugement ?
En soi, non.
Je crois (et c'est ce que j'ai dit) que les comparaisons se font davantage avec ce qui a précédé (Ras al Ghul, Wrath) et avec ce qui était contemporain (Azrael comme clone violent de Batman, c'est un peu la réponse au durcissement général des super-héros à l'époque, incarné par Wolverine ou par le Punisher, voire de Venom, j'y songe à l'instant).
Tout cela, je crois que j'en avais conscience à l'époque, mais forcément, avec le recul, ça gagne en pertinence.
Non, en fait, ce qui m'a étonné, ravi et éclairé à cette relecture, c'est les procédés littéraires, notamment cette gestion de la voix off (qui me semble naître de la longue fréquentation qu'O'Neil a entretenue avec Frank Miller, dont il a été l'
editor et plus ou moins le mentor…). Je trouve ça vachement intéressant, parce que ça rend floue la focalisation sur l'un ou l'autre des personnages, et comme le récit utilise des jeux d'échos de l'un à l'autre (Azrael est une évocation de Batman, mais c'est aussi un être possédé, comme Biis son ennemi), ça renforce le trouble sur l'identité qui est en partie le sujet du récit.