J'avais adoré les Pictes que j'ai lu 2 ou 3 fois à sa sortie.
Adoré le Papyrus où j'avais souvent ris.
Je suis fan de l'humour de Ferri et admiratif du travail de Conrad, dont le trait est beaucoup + vivant que les derniers uderzo (qui ne les encraient plus, c'est certainement dû à cela).
J'attendais cette sortie depuis 2 ans et avais hâte de l'acheter.
Ce postulat étant placé, je mets mon avis dans ce contexte.
Je suis le seul ici apparemment puisque personne ne rebondit sur mon post à trouver que le dessin de conrad manque parfois (souvent ?) de lisibilité, hormis sur les grandes cases où on sent qu'il s'applique beaucoup (et qui sont magnifiques)!
On m'a dit que c'est dur de reprendre Uderzo etc ... sauf que je ne compare pas avec uderzo mais avec tous les classiques de la BDFB.
Tous (Uderzo, Morris, Peyo, Franquin ...) avaient un trait hyper lisible, quel que soit le nombre de détails dans les cases.
Lorsqu'on est obligé de regarder attentivement les détails d'une case pour comprendre quel geste effectue tel personnage, ou dans quelle direction va le char, eh bah je dis que le dessinateur a loupé son coup. Et on me l'enlévera pas de l'idée.
Conrad a tendance à mettre plein de traits (beaucoup trop) // //// partout autour des persos pour exagérer leur surprise, leur énervement, leur mouvement. Du coup, l'ensemble parait brouillon par moment.
Morris (dont Conrad se réclame) arrivait à représenter le mouvement sans exagérer sur les artifices. Lucky Luke arrive en 3 cases à boire son soda d'une main, tirer de l'autre, et remettre son colt en place sans bouger un sourcil. Et côté rapidité du mouvement, on parle du cowboy qui tire + vite que son ombre !
Là, on a des traits partout, un panoramix qui a les yeux prêts à sortir de la tête quand Obelix s'emporte auprès d'Abraracourcix pour conduire le char, etc ...
On aurait çà dans un film, on dirait que c'est surjoué et trop gros.
Cà ne me dérangeait pas sur les 2 premiers. Là, un peu +.
Pareil pour les proportions, les perspectives ou les placements de bras/jambe qui sont pas toujours justes.
Je le répète, le placement dos/jambes du sénateur en bas de la planche 1 est raté. Il est exactement dans la même position à la page suivante et là c'est réussi.
Parfois, les mouvements de bras ne sont pas réalistes non-plus.
Et certaines scènes sont graphiquement ratées :
quand obélix porte le char et les chevaux par exemple, je ne ressent pas le mouvement ou la vitesse, la case est pas très lisible, ce qui casse le gag, contrairement à Cléopâtre où il tire le bateau, ou à l'Odyssée ou il sert de bateau à Astérix, où là, la case et le gag sont lisibles d'un seul coup d'oeil et restent réalistes malgré tout (Uderzo était quand même un maître pour rendre plausible l'impossible).
Pareil pour le banquet ! Un des banquets les plus tristes de la série ! Je ne comprend pas que Conrad ne se fasse pas plaisir sur cette scène s'il aime tant les grandes cases ! Y'avait matière à finir en beauté !
Côté scénario, je n'ai rien à redire. Je ne vois pas l'avalanche de jeux de mots. Ils sont drôles et bien placés.
Enfin coup de gueule pour
l'absence de carte de la gaule et de présentation des personnages en début d'albums ! Oui c'est inutile parce qu'on ne les lit plus, mais quand même, c'était une tradition ! Et commencer l'histoire à gauche, moyen. Tout çà pour placer le plan très peu détaillé de la course en pleine page ... Il suffisait à ce moment-là de commencer à gauche comme d'habitude et d'ajouter une page entière pour terminer sur le banquet en pleine page. Cà n'a jamais été fait et graphiquement, Conrad aurait pû se faire plaisir ! On aurait même pu imaginer tous les concurrents invités à ce banquet !
Je vais le relire dès que j'aurais un moment de calme pour avoir une deuxième opinion, mais, même si j'ai aimé cet album que je qualifierai de "bon", je ne m'extasie pas.