Si, si, c'est Didier Lallement. Faut bien faire honneur à ses décorations.
Libé
«C’est le mur de Berlin.» L’expression est répétée en boucle par les habitants de Pantin qui regardent, désabusés, les ouvriers poser les derniers blocs de parpaing. Désormais, la rue Forceval et son tunnel sous le périphérique sont condamnés. D’un côté Pantin, ses rues animées avec de nombreux cafés, le marché couvert et son éternel va-et-vient. De l’autre Paris, et le square de la Porte de la Villette, où sont maintenant rassemblés les consommateurs de crack de la capitale.
Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a décidé plus tôt dans la journée de les faire évacuer du secteur des jardins d’Eole (XIXe arrondissement), où ils étaient regroupés ces derniers mois. «Une opération a lieu, visant à regrouper ces personnes aux abords de la place Auguste-Baron, Porte de la Villette, dans un secteur sans riverains aux abords immédiats», a indiqué dans un communiqué la préfecture de police de Paris. Et pour empêcher les toxicomanes de rentrer en Seine-Saint-Denis, un mur a donc été construit à la surprise générale ce vendredi après-midi.
«Sur mon instruction, la préfecture de police évacue ce matin les toxicomanes des secteurs des jardins d’Eole et de Stalingrad. Le combat contre la drogue est un combat quotidien et j’ai entendu la colère des riverains», a commenté dans le même temps sur Twitter le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Sauf que la colère des riverains, comme le problème du crack, se déplace avec ses consommateurs. «Non seulement on nous impose les camés, mais en plus on nous enferme dans notre quartier, commente un jeune habitant de Pantin qui rigole nerveusement. Quand est-ce qu’ils vont arrêter de se chier dessus sérieux ?»
France-info
Crack : entre Paris et Pantin, la polémique du "mur de la honte"
Un mur a été construit à la hâte vendredi 24 septembre sous le pont qui sépare Paris de la ville de Pantin (Seine-Saint-Denis). Il a été érigé après l'installation des consommateurs de crack évacués des jardins d'Éole. Le gouvernement parle de solution transitoire.
Il a fait irruption en quelques heures vendredi 24 septembre. Un mur, rebaptisé "mur de la honte" par les habitants de Pantin (Seine-Saint-Denis), a été construit à la hâte par la préfecture de police de Paris, pour empêcher les consommateurs de crack d'entrer dans la ville. Les toxicomanes sont relocalisés dans ce square parisien depuis la semaine dernière, sur décision du ministère de l'Intérieur.
Les riverains se sentent en danger
À la frontière entre Paris et Pantin, un nouveau camp du crack a donc vu le jour dans le parc de la Porte de la Villette. Pour le maire de Pantin, ce mur est un rempart dérisoire. "Ce mur est le symbole de cette décision qui est absurde [...] On sait pertinemment qu'il suffit de faire le tour à quelques dizaines de mètres", déclare Bertrand Kern. Les riverains, eux, se sentent en danger et affirment que ce mur ne les protège pas. "Ça fait peur, parce qu'il y a des parents qui ont des enfants. Moi je vais rentrer le soir, et bien je n'ose plus passer par la Villette", conteste une habitante du quartier. Face à la polémique, la préfecture parle d'un mur provisoire qui constitue une indispensable protection des habitants.