Merci pour le lien vers la chronique.
Je voudrais apporter une petite rectification : on peut lire qu'en 1967,
"graphiquement, Pichard était encore au début de sa carrière". C'est inexact. Cela fait déjà deux bonnes décennies que Georges Pichard, né en 1920, vit du dessin et son style a beaucoup évolué pendant cette période, et va au contraire se stabiliser et devenir reconnaissable très aisément.
Dès 1946, le nom de Pichard est associé à des publications de l'éditeur de Bécassine, "Gauthier-Languereau" ("La Veillée des chaumières").
On lui doit les couvertures de jaquettes et parfois d'illustrations intérieures de quelques romans lestes du début des années 50.
De 1954 à 1964, il multiplie les travaux les plus variés, illustrations, cartoons, couvertures, bandes verticales, jeux, etc... dans plusieurs supports. C'est un pilier de la Semaine de Suzette où il publie des récits complets dès 1956.
Pichard fournit régulièrement des dessins humoristiques et coquins pour le magazine "Le Rire" (depuis 1946). C'est dans cette revue d'ailleurs qu'il publiera Lolly Strip (52 pl. en n&b, scénario Danie Dubos).
On va le trouver également dans Chouchou en 1964 pour une BD en n&b Ténébrax (46 pl. sur scénario de Lob). C'est à partir de là que graphiquement son style va évoluer et afficher une grande personnalité.
Le style de Submerman se rattache donc en réalité à une période de maturité dans la façon de représenter les visages, les corps, les décors, de représenter les phylactères. Ce style n'évoluera plus beaucoup et se démarque totalement des oeuvres de jeunesse parues dans la Semaine de Suzette pour lesquelles le simple amateur aurait bien du mal à déceler la patte de Pichard.
Les premiers épisodes de Blanche Epiphanie (en n&b, et toujours sur scénario de Lob) paraissent en 1967 dans V Magazine, simultanément aux récits de Submerman qui bénéficient d'une mise en couleurs dans Pilote. Mais déjà en 1961, on pouvait lire dans V magazine des planches de BD de Pichard parfaitement identifiables qui portent en germe ce style inimitable des bandes qui paraîtront à partir de la seconde moitié des années 60.