Chino a écrit:Dire qu’on laisserait partir son enfant c’est réduire ce choix à quelque chose de banal, ordinaire...
Non, pas du tout.
On peut évidemment trouver qu'il s'agit là d'un exercice intellectuel vain étant donné qu'on ne peut pas réellement savoir qu'elle serait notre réaction face à une telle situation mais je ne vois pas en quoi ce serait réduire ce choix à quelque chose de banal.
ça me fait penser à tout ceux qui disent : moi pendant la seconde guerre mondiale j’aurai été résistant...
Je comprends l'analogie et c'est vrai qu'elle s'impose de prime abord assez naturellement mais le choix me parait fondamentalement différent.
Choisir ou pas d'être résistant, ce n'est pas faire un choix pour quelqu'un d'autre, à sa place.
Or dans le cas qui nous occupe, il s'agit précisément de prendre une décision pour quelqu'un d'autre, à sa place.
Il s'agit de pouvoir s'extraire d'un choix pour soi ou pour des principes idéologiques,... (qui tend sans doute à favoriser l'acharnement thérapeutique).
Après, la question est de savoir si l'on est capable ou pas d'une telle abstraction.
Pour ma part, je dirais juste que j'espère que j'en serais capable.
Et dire cela, cela ne me parait pas réduire cela à un choix banal ou ordinaire.
Au-delà de cela, ce qui m'attriste le plus dans le cas de Vincent Lambert, c'est que, là où sa femme et une partie de sa famille ont fait le douloureux choix de le laisser partir, du côté des parents il y a au contraire une complète absence de choix.
Les parents, ils n'ont pas choisi entre l'acharnement thérapeutique et la mort de leur enfant.
Ils ont seulement obéi à la conception de la vie que leur foi catholique intégriste leur a imposé et qu'ils prétendent imposer à tout le monde même si, si l'on croit l'épouse et de nombreux proches de Vincent Lambert, elle ne correspond pas à la volonté de leur fils.
















