Olaf Le Bou a écrit:Thierry_2 a écrit: Dans ton dessin, tu n’as pas mis ceux qui sont derrière tout ça, qui empêchent de faire rentrer les sacs de farine et qui sont en train de tuer 2,3 millions de personnes.
Comme quoi un dessin, qu'il soit d'art ou d'humour, c'est avant tout un miroir tendu a celui qui le regarde. Parce que moi, c'est précisément ce que je vois en premier, la famine organisée par l'occupant israélien. Avec un petit supplément sur l'absurdité du fait religieux, pour montrer à quel point les causes de ce désastre sont dérisoires.
je précise pour les autres que la citation n'est pas de moi, mais de Rami Abou Jamous, journaliste palestinien sur place. C'est son ressenti et il a toute légitimité pour le partager, même si j'ignore s'il a réussi l'examen d'entrée à la poste
ce que tu dis est intéressant et montre les limites et le problème du dessin de presse. Tu fais intuitivement le lien entre le dessin et un contexte qui n'est absolument pas représenté dans le dessin. Faut-il considérer que le contexte est induit et ne doit pas être explicité ?
A vrai dire, on y voit un paysage en ruine, mais est-il clair qu'il s'agit des effets d'une guerre en cours ? Ou d'autre chose ? Une catastrope naturelle ? Admettons qu'un quidam débarque sans avoir la moindre idée de ce qui s'est passé ces 12 derniers mois, que comprendra-t-il ? la seule présence du cartouche "Ramadan à Gaza" suffit-elle à comprendre ce qui se passe ? Et dans 5 ou dix ans, lorsque la situation sera normalisée dans un sens ou l'autre (ou pas), comment verra-t-on ce dessin ? Un observateur du futur fera-t-il le lien avec la guerre qui avait lieu alors ? Cela paraît absurde, mais on voit bien ici qu'il y a un questionnement.
Est ce qu'un dessin de presse possède une date de péremption au delà de laquelle il doit être jeté parce que dépassé ? Est-ce un objet éphémère ? Doit-il forcer le trait pour exposer la situation et le contexte pour ne pas prêter à la confusion ? Aurait-il fallu rajouter des bombes tombant dui ciel en arrière-plan, pour représenter la guerre ? Faudrait-il orner les bombes du drapeau israélien pour clairement identifier les forces en présence ? N'est-ce pas prémacher la pensée du lecteur ?
Une caricature n'est efficace quie si elle désigne clairement sa cible. Pour moi, le problème de ce dessin, c'est que la seule partie identifiable, c'est la famille palestinienne. Elle devient donc la victime du dessin parce que rien ne vien contrebalancer son rôle. Elle est seule dans sa merde et basta. Il manque un arrière-plan : des chars, des bombes, des diplomates qui tournent le dos, des pontes du Hamas qui s'en foutent plein les fouilles... n'importe quoi pour que la famille palestinenne ne soit plus victime du dessin, miséruex contraints de manger du rat, pour devenir victime d'un contexte qui les dépasse et les broye, les contraignant au pire...