Oui, je ne pouvais pas tous les citer tellement les talents étaient nombreux et se télescopaient. Ma mémoire en était bien incapable, de toute manière.
Mais honte à moi d'avoir oublié Cavanna, le formidable François Cavanna
des Ritals,
des Ruskoffs et de
Mignonne, allons voir si la rose... parmi tant d'autres merveilles littéraires et pleines d'esprit (Tiens, il faudra que je m'enquière de savoir s'il est entré dans la Pléiade !) sans qui ce journal n'aurait pas vu le jour.
Honte à moi. Car, Manchette et Cavanna étaient les deux boss (aux goûts infaillibles) de cet hebdo, tout au moins à ses débuts. Pas étonnant qu'avec cette direction bicéphale (peut être pas sur le plan formel mais tout au moins dans la réalité parce que l'avis de chacun devait peser, croyez-moi...) on ait eu droit, en si peu de temps et à travers les différentes formules du journal, à cette accumulation de bandes de qualité.
Des diamantaires, ces deux mecs-là, Cavanna et Manchette ! Enfin, on se comprend : pas au sens de commerçants, mais de maîtres-joailliers qui taillent la matière brute après l'avoir rigoureusement sélectionnée.
Je pense que ce sont ces premières expériences de
Griffu puis
d'Adèle également, dans un hebdomadaire bon marché et grand format qui ont peut-être conduit Tardi à suggérer chez Casterman une formule proche pour son
Journal de l'Etrangleur ou son
Journal de guerre. On a tout lieu de supposer que l'initiative vient de lui ou de l'impact provoqué par les précédents coups de maître. Sachant que l'album précurseur et fondateur, le Futuro 30x40 de Tardi
(la Véritable histoire du soldat inconnu) avait permis à beaucoup de monde, sérail et grand public, de constater ce que le grand format noir et blanc pouvait apporter.