Il fait encore 11° le jour de Noël 1708 et le 5 janvier 1709...
Mais un
flux d'air polaire recouvre soudain toute l'Europe occidentale, faisant de
janvier 1709 le mois le plus froid des cinq cents dernières années.
Les températures, constamment inférieures à -10° jusqu'au 24 janvier, descendent jusqu'à -20,5° à Paris le 20.
Six autres vagues de froid s'enchaînent jusqu'à la mi-mars, chacune détruisant le peu que la précédente a épargné. Le sol gèle en profondeur. Les noyers, châtaigniers, marronniers, sapins, fruitiers, oliviers et les vignes périssent. De gros chênes se fendent dans un bruit évoquant un coup de mousquet. Les fèves, aliments de base des populations, ne résistent pas et se gâtent. Les animaux succombent, à commencer par le bétail. Le petit gibier, lièvres, lapins, est décimé, de même que les loups, les sangliers, les cerfs, les biches et les ours.
Le froid fait geler les puits, les étangs, les rivières grandes et petites, et même les bords de mer, où les poissons périssent. Le transport fluvial devenu impossible en raison des fleuves gelés, l'approvisionnement des villes ne se fait plus.
Paris ne reçoit aucun ravitaillement entre janvier et avril. D'une manière générale, toute l'activité économique souffre, boutiques et ateliers ferment; procès et audiences sont suspendus. Des feux publics sont allumés sous les halles, des distributions de soupe organisées. Dans les campagnes, toutes les céréales, blé, seigle, blé noir, avoine d'hiver, sont perdues...
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Sources :
http://meteo.chronique-ain.com/dossiers ... _hyver.htm
Deux extraits des Lettres de Madame Palatine (épouse de Monsieur, frère du Roi Louis XIV) :«
Le froid est si horrible en ce pays-ci que depuis l’an 1606, à ce qu’on prétend, on n’en a pas vu un tel. Rien qu’à Paris il est mort 24 000 personnes du 5 janvier à ce jour. On ne sait pas ce que c’est d’aller en traîneau ici. Ou bien on n’en a pas du tout, ou si l’on en a, ce sont de lourdes et laides machines qu’on ne peut regarder. » (2 février 1709)
«
Les loups aussi font rage ici : ils ont dévoré le courrier d’Alençon avec son cheval et en avant du Mans, ils ont attaqué, à deux, un marchand. » (9 février 1709)
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