Genug a écrit:Quoi de plus fascinant (émouvant !) qu'un artisan à son établi (et quand -- en plus -- il s'agit d'un dessinateur de BD, qu'il fait l'apologie du lettrage manuel et qu'il sait prononcer "désuète"

) =

Complètement d'accord avec toi (et avec feu Paul Gillon). Le lettrage est partie intégrante de la BD et de ce qu'elle projette, cela fait partie de l'ensemble. Or, aujourd'hui, avec les facilités informatiques, trop souvent c'est considéré comme accessoire et rempli à la va vite, avec une police de caractères sans charme, fade au mieux, atrocement banale quoi qu'il en soit. C'est un peu comme pour la couleur mais à l'extrémité opposée : là où Photoshop et compagnie ont contribué à faire tomber beaucoup de coloristes dans des excès d'effets (des ombres, des dégradés, du brillant métallisé en veux-tu, en voilà...) la standardisation des lettrages est signe de paresse et donne une impression d'inachevé, de bâclé, avec des bulles à moitié vides trop souvent
Il y a toujours eu bien sûr des lettrages manuels foireux, tordus ou ratés, mais au moins ils étaient personnels.
Genug a écrit:Pour ceux qui seraient passés à côté,
voici l'un des "pères" graphiques de Gillon, sûrement au moins aussi injustement méconnu que lui...
"Une bande dessinée c'est d'abord du dessin." Amen.
Si les éditeurs pouvaient s'en souvenir, au lieu de nous punir année après année avec tant de romans graphiques au dessin ni fait ni à faire.
Raymond Poïvet a fait partie des illustrateurs de
L'Histoire de France en bandes-dessinées dont le trait "réaliste", élégant mais nerveux et enlevé, m'a fasciné. De superbes souvenirs d'enfance et de lectures.