de Ramen » 03/03/2026 00:48
« Marcel Dalton » est peut-être pour moi le pire album après l’ère Goscinny, parce que ça fait mal de voir une si bonne idée gâchée. L’oncle des Dalton qui est un banquier honnête ? Super concept… Et puis plus rien.
L’intrigue est étirée à l’extrême avec des remplissages interminables.
Les blagues sur le fait que Lucky Luke tire sur les bretelles des bandits deviennent ennuyeuses dès la deuxième fois. Le voleur qui ne dit qu’un seul mot, c’est aussi un gag déjà usé.
Même l’idée que les Dalton doivent travailler honnêtement dans une banque a déjà été exploitée… Mais ce qui fait le plus mal, c’est que la confrontation des Dalton avec leur parent honnête n’est pratiquement pas utilisée. Seul Joe a quelques brèves interactions avec lui — ça ne représente même pas 5 % de ce qu’on aurait pu tirer d’un tel potentiel. D’ailleurs, la majeure partie de l’album ne parle pas de leur oncle, mais d’un banquier malveillant qui essaie d’éliminer la concurrence avec des gags très basiques dignes de Looney Tunes. Puis, à peine disparaît-il que Marcel Dalton disparaît aussi, et Lucky Luke doit se remettre à poursuivre les Dalton pour quelques gags qu’on a déjà vus ailleurs.
Et puis Marcel Dalton donne du chocolat à un chien… S’il y a UN album qui devrait avoir un avertissement, c’est bien celui-là.
Enfin, dans cet album, ce qui me frappe peut-être le plus, c’est à quel point le trait de Morris s’est appauvri.
« Le Prophète » me laisse aussi un goût amer. L’intrigue est un peu meilleure, peut-être, mais il n’y a rien de vraiment drôle. Et je n’aime pas du tout le fait que la bande dessinée ne définisse pas quelle est la communauté dans laquelle les Dalton atterrissent (du moins dans la traduction polonaise). Des mormons ? Des amish ? Des pentecôtistes ? Ici, le comic les met tous dans le même sac, et pour moi c’est aussi maladroit que de dire que les bouddhistes et les hindous, c’est la même chose. Franchement, c’est même un peu offensant d’un point de vue religieux.
« L’Artiste peintre », en revanche, est ennuyeux, et jusqu’à aujourd’hui je ne comprends toujours pas ce qu’il en était avec cette femme au début. On retrouve encore cette étrange tendance : l’intrigue principale avec le portrait du chef indien se termine, et dans les dernières pages Lucky Luke poursuit un voleur sorti de nulle part. Il y a une bonne idée avec le portrait du criminel (et le fait que tout le monde reconnaît son visage), mais ça aurait mieux fonctionné intégré à l’intrigue principale.
J’ai l’impression que la série après Morris a relevé le niveau, tant visuellement que scénaristiquement, par rapport à ce qui se faisait après Goscinny. Même lorsqu’un album m’a semblé plus faible (« Les Oncles Dalton », « L’Homme de Washington »), il restait varié, on sentait qu’il s’y passait beaucoup de choses, et que les auteurs essayaient vraiment de tirer quelque chose d’intéressant de l’histoire, et — comme disent les Anglais — d’être « relevant ».
J’ai lu que le scénariste s’était fâché avec Morris après « La Chasse aux fantômes », parce que celui-ci avait trop modifié la seconde moitié. Il est vrai que cet album avait du potentiel, une bonne idée avec le retour de Calamity Jane (ce qui m’étonne d’ailleurs, qu’elle ne revienne pas plus souvent comme Billy the Kid), et il y a de bonnes blagues. Mais effectivement, il souffre d’un manque total d’atmosphère — ce qui, dans une histoire de fantômes, devrait pourtant être essentiel.