Contrairement à toi, j'aime le double flashback du début, suivi d'un troisième (le récit des indiens) : casse-gueule mais là, ça fonctionne parce que, justement, c'est excessif. Tu dis qu'on ne voit pas le récit avec les eyxu du Bouncer mais il fonce sur la base de récits qui lui sont faits. Sa démarche n'est empreinte d'aucune lucidité.
Disons que c'est un procédé, et que comme tout procédé il vaut ce qu'il vaut. Selon moi, introduire la notion de "récit rapporté" engage le scénariste à plusieurs choses : d'abord son héros va se prendre une certaine réalité dans la gueule, mais celle-ci n'est pas forcément la réalité de ce qui c'est passé. Elle est traverstie par le récit. En gros ici le Bouncer se fie à ce qu'on lui dit et en tire les conséquences immédiates : partir seul à l'assaut de cette montagne et ce qui va avec. Mouais. On lui livre ce qui s'est réellement passé, le procédé n'apporte donc pas grand chose. Et si les faits rapportés étaient erronés, qu'en fait c''était juste le moyen de le voir partir ailleurs ?
Je ne sais pas si je suis clair mais dans ce cas-là, je ne trouve pas l'emploi du flash-back judicieux, pour moi il n'apporte rien à l'action et n'engage à rien d'autre que ce qui est montré : une femme enceinte est tué, le Bouncer part la venger.
Tu vois, les trois mecs viennent chercher leur prisonnier, entrent dans le saloon, chauffent un peu les putes comme ils l'ont fait, le bouncer lève les yeurx de sa partie de carte, il est complétement ivre, le gros mec lui en met un derrière la tête et le tour est jouer. Pourquoi aller au double flash-back ?
Celui des Indiens est très bien, et je pense qu'il aura son inérêt par la suite.
J'aime le fait de passer des paysages enneigés (ben oui, on a le pseudo qu'on s'est choisi) et le souffle qui sort des bouches, à l'accablante chaleur du désert et la transpiration qui sourd de tous les pores de la peau (visibles ou pas, magie de l'atmosphère rendue). Tu trouves ça précipité, peu crédible, mais là, je m'en fiche : on est dans la frénésie, l'urgence de la vengeance.
Pour moi ça démontre surtout le peu de recherche autour de la réalité de l'histoire. Tu pouvait partir d'El PAso et finir à Denver. Giraud aurait sorti la panoplie du géographe et recherché les images du périple. Là on navigue un peu à vue, et même si c'ets d'une vengeance qu'il s'agit et bien entendu qu'elle pourrait se situer ailleurs et partout, je continue de penser qu'ancrer un récit dans un terrain réél quand on joue la carte du réalisme, tant graphique que scénaristique (ce western, c'ets pas star Wars non ?), autant gérer le background avec plus de sérieux. et que ça ne nuirait pas à l'histoire, bien au contraire.
J'aime le fait que le vieux Jodo nous fasse avaler une p... de cour des miracles qui vomit ses bancals (manchot, chien sur trois pattes, bossu,...). Pour une fois, je le laisse s'amuser avec ses excès lorsqu'il s'agit de planter des relations dégradantes qui expriment le racisme ou le reniement de soi contre quelques billets verts (se bousculer pour subir le fouet, acheter "sa" légitime défense).
Oui, c'est une obséssion et il a bien le droit de l'étaler. Charlier aimait bien tué un cheval par album dans Blueberry...
Bon, c'est son univers ok, mais quelque part ça le jalonne et le limite également.
Sur le fond, ce ne sont pas des surprises, les deux continuent de creuser leur sillon, ressassent leurs vieilles obsessions mais nom d'un petit bonhomme que c'est bon de le recevoir en concentré comme ça, avec le sentiment que les deux vénérables nous ont préparé ça en s'amusant comme des larrons en foire.
Oui mais je me dis que le travail aurait pu être davantage peaufiné, surtout sur le plan scénaristique. MAis j'attends la fin du dyptique pour rendre verdict.
