Cooltrane a écrit:geep a écrit:BOBetBOBETTE a écrit:C'est chiant Maus !
C'est vrai que parler du malheur, de la guerre, de la déportation et de la mort programmée de millions de personnes, c'est chiant,
et s'étendre encore sur ce sujet, près de 70 ans plus tard, c'est vraiment manquer de tenue...
quand c'est fait 200 fois par an, c'est non-seulement non-constructif (et chiant), mas cela finit par énerver certains... ce qui pourrait même pousser certains à devenir des anti-dénonciateurs... à trop gaver, on init par dégouter
C'est comme depuis qqes années, les types ou gonzes qui font leur coming-out. En tant que tel, j'ai rien contre (je me considère lesbienne

), mais tous les mois, il y a une trentaine de ce genre de truc qui sortent dans les médias (
et cela n'intéresse personne >> grand bien leur fasse qu'il fassent leur coming-out, mais un peu de tenue >> on - le grand public - s'en contrefout que tu prennes dans le fion >> ne vient pas le crier sur tous les toits)... Cela ne fait qu' apporter de l'eau au moulin des anti-gays (et aux nazillons dans le cas de la Shoah)...
Ceci dit, cela ne m’empêchera pas d'aller voir la Vie D'Adèle et de relire Anne Frank un jour.... mais trop, c'est trop
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Bon, je propose qu'on arrête là, car on dévie solidement , et cela risque de finir en engueulades...
Et même Blacksad ne mérite pas cela
d'accord sur le fait que le sujet de la Shoah a été énormément traité et que moi aussi j'en ai ma claque, tout comme la deuxième guerre mondiale en général, dès qu'une BD (livre, film...) a pour toile de fond cette période traitée, re-traitée et re-re-traitée 100 000 fois j'y vais à reculons, faut vraiment qu'il y ait un truc qui fasse que l'album se démarque
Mais limité Maus uniquement à un témoignage sur la Shoah c'est extrêmement réducteur (et ce sont souvent des gens qui ont aimé ce bouquin qui le limitent à cet aspect), c'est aussi (surtout?) un dialogue entre un père et un fils, un questionnement sur la manière de faire l'Histoire, une problématisation par l'exemple de la question de la mémoire, du moyen de retranscrire un témoignage pour le transformer en oeuvre d'art...
Le dessin n'est pas beau mais il fonctionne, c'est un parti pris radical, un choix artistique de la part de Spiegelman (le bonhomme sait dessiner mieux que ça), ça donne aux planches une sècheresse, une dureté et une noirceur brute et terre à terre qui à mon avis sert le propos plus qu'il ne le dessert... Maus dessiné par Guarnido (par exemple), franchement vous pensez que ça aurait le même impact que les planches de Spiegelman ? ça aurait donné une oeuvre maniérée, esthétique, stylisée, mais ça aurait surtout créé une distance avec le lecteur et le propos, le désenracinant de son rapport sec et brutal à la réalité.
Maus c'est pas un récit puissant avec des dessins pas beaux, c'est un tout, le dessin participe du propos, le propos participe du dessin. Comme pour toutes les grandes BD du 9e Art en fait.
On a trop tendance a toujours vouloir dissocier le dessin du scénario quand on parle de bande dessinée, comme s'il s'agissait de deux paramètres complètement séparés, une BD c'est pas juste une histoire qu'on met en image, c'est avant tout une histoire PAR l'image.
(désolé d'avoir relancé la discussion sur Maus mais ça me titillait)