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USA : Fool’s overture

La politique, la musique, le cinéma, les jeux vidéos et la culture en général lorsqu'elle ne traite pas directement de bande dessinée

Qui va rentrer dans le bureau ovale ?

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Re: USA : Fool’s overture

Messagede Anianka » 13/04/2026 13:40

Message précédent :
je me demande bien quelle victoire c'est sensé célébrer ...
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Re: USA : Fool’s overture

Messagede bap » 13/04/2026 13:46

Mirdhynn a écrit:Il manque juste des statues de lui dans les arcades :lol:

faudrait pas lui donner des idées :siffle: :D
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Re: USA : Fool’s overture

Messagede toine74 » 13/04/2026 13:49

Anianka a écrit:je me demande bien quelle victoire c'est sensé célébrer ...


Outre de se célébrer lui-même, Trump a inscrit le projet (c'est comme ça que c'est présenté) dans les célébrations marquant les 250 ans des USA.
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Re: USA : Fool’s overture

Messagede Nefertum » 13/04/2026 13:58

bap a écrit:
Mirdhynn a écrit:Il manque juste des statues de lui dans les arcades :lol:

faudrait pas lui donner des idées :siffle: :D

c'est lui le modèle de la liberté ailée 8-) :siffle:
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Re: USA : Fool’s overture

Messagede fanche » 13/04/2026 14:01

Il manque la cravate
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Re: USA : Fool’s overture

Messagede Mirdhynn » 13/04/2026 14:01

fanche a écrit:Il manque la cravate

Et la casquette
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Re: USA : Fool’s overture

Messagede bap » 13/04/2026 14:23

Nefertum a écrit:
bap a écrit:
Mirdhynn a écrit:Il manque juste des statues de lui dans les arcades :lol:

faudrait pas lui donner des idées :siffle: :D

c'est lui le modèle de la liberté ailée 8-) :siffle:

aliénée, la liberté, aliénée :siffle: :D
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Re: USA : Fool’s overture

Messagede mdata » 13/04/2026 14:25

Ocatarinetabelatchixtchix a écrit:Trump présente les plans du nouvel Arc de Triomphe version US :

« Je suis ravi d’annoncer qu’AUJOURD’HUI mon administration a officiellement déposé la présentation et les plans à la très respectée Commission des beaux-arts de ce qui sera le MEILLEUR et le PLUS BEL Arc de triomphe au monde »

arc de triomphe USA.jpeg


Ca sent pas du tout la compensation sur un souci de taille... :D
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Re: USA : Fool’s overture

Messagede mdata » 13/04/2026 14:26

Le Tapir a écrit:
mdata a écrit:Il est vraiment complètement cinglé !


Non, tu crois? :D

Image




On fait quoi? [:fantaroux:2]


C'est marrant j'y pensais ce week end à ce film.

On n'a plus qu'à trouver un comateux pour faire le job ! :-D
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Re: USA : Fool’s overture

Messagede Olaf Le Bou » 13/04/2026 14:38

Anianka a écrit:je me demande bien quelle victoire c'est sensé célébrer ...


Une victoire assez totale et écrasante sur la notion d'humilité dans la société occidentale du XXIème siècle. En tous cas, le premier quart d'icelui.
Prenez un cercle, caressez-le, il deviendra vicieux

Toujours subordonner le désir de juger au devoir de comprendre.
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Re: USA : Fool’s overture

Messagede Anthonybd » 13/04/2026 15:15

Article intéressant sur l'état de santé mentale de Dingo.

Des experts américains sur la santé mentale de Trump : « Dans les maisons de repos, on assomme à coups d’injections les patients présentant son tableau clinique »
« Narcissisme malin. » Ce diagnostic n’étonnera guère. Mais, disent des experts, il y a plus : une démence frontotemporale, qui fait tomber les inhibitions. « Le Trump d’aujourd’hui est le meilleur que nous verrons encore. »

Steven De Foer


« Combien existe-t-il de manières polies de dire que le président des États-Unis a perdu la raison ? » Susan B. Glasser est l’une des voix les plus respectées des médias, donc, lorsqu’elle a conclu son analyse dans The New Yorker par cette phrase, c’était un signal. Un autre poids lourd intellectuel, Timothy Garton Ash, a publié sur Substack un texte intitulé « Is he crazy? ». Même dans le quotidien conservateur The Wall Street Journal, le stratège républicain Karl Rove a écrit à propos des « prestations bancales » et de la « spirale descendante » de Trump.

Durant son premier mandat aussi, on a souvent dit que Trump était fou. Au comptoir des cafés, ou dans des podcasts progressistes. Mais sentir que quelqu’un a un comportement bizarre est une chose, déclarer le président fou en est une autre. Qu’est-ce que cela dit, en effet, du peuple américain, qui l’a choisi une deuxième fois comme dirigeant ?

Ces derniers mois, cette retenue semble s’effriter. Le comportement de roi fou de Trump l’impose. Parfois, son étrangeté est triviale, comme lorsqu’il s’étend à l’infini dans ses discours sur un mot qu’il vient tout juste de découvrir, « groceries » (les courses). Parfois, elle est agressive de manière inquiétante, comme lorsqu’il a réagi très grossièrement à la mort du réalisateur Rob Reiner et à celle du haut fonctionnaire Robert Mueller III.

Mais ce sont surtout les propos de Trump sur l’annexion qu’il projette du Groenland qui ont fait ouvrir de grands yeux. Au sommet des dirigeants mondiaux de Davos, il a parlé quatre fois de l’Islande au lieu du Groenland. « Le Groenland, c’est un grand tas de glace », a réagi sa porte-parole Karoline Leavitt face aux questions critiques. Mais, pour beaucoup, le point de rupture a été la lettre de Trump au Premier ministre norvégien, dans laquelle il écrivait qu’il voulait le Groenland parce qu’on lui avait si scandaleusement refusé le prix Nobel.

La population aussi s’inquiète. Selon 61 pour cent des Américains (et 30 pour cent des républicains), Trump est devenu mentalement instable avec les années, et ce sondage date d’avant le début de la guerre contre l’Iran. Dire un jour que les négociations se déroulent à merveille et le lendemain qu’on va bombarder l’Iran jusqu’à le ramener à l’âge de pierre, cela ne ressemble pas à l’œuvre d’un « very stable genius », comme il se qualifie lui-même.

On plaide de nouveau pour l’activation du 25e amendement de la Constitution, qui permet à une majorité du gouvernement de déclarer un président « inapte à gouverner ». (Même s’il est peu probable que cela aboutisse un jour : si le président contredit son gouvernement, seule une majorité des deux tiers au Congrès peut le destituer.)

Néanmoins, le psychologue clinicien John Gartner se dit modérément satisfait de cette évolution. Parmi les nombreux experts médicaux qui mettent en garde contre les dangers d’un président comme Trump, il est le plus connu. « Depuis dix ans, nous vivons dans le conte Les habits neufs de l’empereur, dit M. Gartner lors d’un entretien sur Zoom. Chaque jour, nous voyons la dépravation morale de Trump, son trouble de la personnalité et son déclin cognitif. Et pourtant, les spécialistes de la santé mentale doivent se taire sur ce qu’ils voient, et les journalistes sont muselés par leurs patrons. »

« You know he’s nuts »
M. Gartner parle d’expérience. « J’ai été interviewé trois fois par The Washington Post. À chaque fois, la rédaction en chef a bloqué la publication, au nom de la règle Goldwater. »

Barry Goldwater était le candidat républicain à la présidence en 1964, plus à droite et plus radical que tous ses prédécesseurs. Son extrémisme en avait fait une cible facile des moqueries de la campagne du démocrate Lyndon B. Johnson. Au slogan de Goldwater, « In your heart you know he’s right », on avait répliqué par le redoutablement spirituel « In your guts you know he’s nuts ». Goldwater a été écrasé à l’élection, mais il a remporté un procès en diffamation contre un magazine qui avait publié un sondage douteux auprès de psychiatres dans lequel il était qualifié d’« émotionnellement instable ».

À la suite de cela, la commission d’éthique de l’American Psychiatric Association a édicté la règle Goldwater : il a dès lors été considéré comme contraire à l’éthique de se prononcer sur l’état mental de personnalités publiques sans les avoir soi-même examinées.

« J’ai interviewé le dernier membre encore vivant de cette commission, raconte M. Gartner. Cet homme m’a dit : nous avions honte, nous craignions que toute notre profession soit éclaboussée par l’agitation suscitée par ce sondage beaucoup trop spéculatif. Mais nous n’avons jamais voulu imposer une interdiction de parole à des psychiatres qui, eux, étayent leur diagnostic. »

Au fil des ans, la pratique psychiatrique a fortement évolué, dit M. Gartner. Ainsi, le manuel diagnostique a été adapté dans les années 80. « Les diagnostics doivent toujours être posés sur la base d’un comportement observable, mais il n’est pas obligatoire de rencontrer le patient. À partir d’examens, d’éléments de dossier, de l’anamnèse, d’informations fournies par d’autres médecins ou même par les parents, nous pouvons aussi établir un diagnostic. »

« Pourquoi les personnalités publiques auraient-elles le privilège que nous n’ayons pas le droit de formuler des avis professionnels sur leur état psychique sans les examiner ? C’est précisément à leur sujet – et surtout à propos de Trump – qu’il existe tant d’informations. J’observe davantage de comportements chez Trump que chez l’ensemble de mes patients réunis. »

Durant le premier mandat de Trump, le monde psychiatrique a débattu de la possibilité d’assouplir la règle Goldwater au vu des circonstances particulières. « Au contraire, la règle a encore été durcie », soupire M. Gartner. « Le responsable de la commission d’éthique a dit : si nous ne le faisons pas, Trump nous punira en modifiant le système du tiers payant. Personne n’avait remarqué qu’un journaliste de The New Yorker était présent. »

M. Gartner regrette que le message professionnel selon lequel Trump souffre de troubles soit à ce point bloqué. « Alors que la plupart des gens se rendent compte que c’est le cas. »

Fondamentalement destructeur
Il a ressenti l’urgence de sonner l’alarme dès 2015, quand Trump s’est lancé en politique. « Dans ma jeunesse, j’ai étudié auprès d’Otto Kernberg, mondialement célèbre dans le domaine du narcissisme malin. C’est un diagnostic spécifique introduit après la Seconde Guerre mondiale pour expliquer le profil psychologique d’Adolf Hitler et d’autres dirigeants comme lui. Je connais les composantes de ce diagnostic. Quand j’ai vu Trump à l’œuvre, je me suis dit : mon Dieu, c’est ça, mais cette fois en vrai. »

Les troubles de la personnalité qui font de quelqu’un un narcissique malin sont : un narcissisme extrême et un délire de grandeur, une absence totale d’empathie, une tendance paranoïaque à se sentir en permanence lésé par les personnes qui ne sont pas d’accord avec vous, la psychopathie (le versant criminel, le mensonge, la tromperie, le vol et l’exploitation incessants d’autrui sans remords) et, enfin, un plaisir sadique à semer le chaos et à humilier les adversaires.

Les exemples de ces traits de caractère abondent dans le comportement de Trump : mensonge compulsif, abus sexuels, rapacité sans égale, volonté de blesser sans nécessité, etc. « Des gens comme Trump sont fondamentalement destructeurs, conclut M. Gartner. Il n’y a pas de limite à la souffrance qu’ils sont prêts à infliger. Ils y prennent plaisir, comme Robert Duvall dans Apocalypse Now : “I love the smell of napalm in the morning.” »

La guerre contre l’Iran n’a pas surpris M. Gartner : voilà des années qu’il avertissait que Trump finirait par partir en guerre. « Beaucoup m’ont contredit : Trump a été élu en isolationniste, il s’est donné une image d’artisan de paix. Mais il ne convoitait ce prix Nobel de la paix que parce qu’Obama en avait un. Il se dit sans gêne le meilleur président de l’histoire, George Washington et Abraham Lincoln compris. Un délire de grandeur couplé à une soif de pouvoir et de destruction, cela devait tôt ou tard déboucher sur une guerre. En Iran, au Nigeria, en Équateur, au Venezuela, bientôt peut-être à Cuba. Détruire, blesser, dominer font partie de son ADN, c’est désormais devenu une addiction. »

Dès 2017, M. Gartner s’est activé. Au moyen d’une pétition en ligne, il a recueilli des signatures pour appeler à la destitution de Trump sur la base du 25e amendement. « Lors d’une réunion de membres du corps professoral de Yale, on en a beaucoup parlé, et c’est de là qu’est née l’initiative Duty to Warn. Il existe dans notre profession un principe éthique : si un patient dit qu’il va faire du mal à quelqu’un, le médecin a le devoir de prévenir cette personne. Nous estimons que cela s’applique aussi lorsque, en tant qu’experts, nous constatons que l’ensemble de la population court un danger sans s’en rendre compte. Nous avons organisé des conférences, un groupe Facebook, un compte Twitter qui a compté jusqu’à 500.000 abonnés, publié le livre The Dangerous Case of Donald Trump. Mais quand Biden est devenu président, nous avons rangé nos uniformes. J’ai poursuivi ma pratique et l’écriture d’un livre sur la thérapie à la psilocybine. »

Il est remonté en selle quand les médias ont commencé à parler toujours plus du déclin mental de Biden, et à peine de celui de Trump. « Je me suis alors dit : on applique vraiment deux poids, deux mesures, cela risque encore de faire basculer l’élection. Et c’est ce qui s’est passé. »

Une jambe qui traîne
Adam James est un autre lanceur d’alerte, un kinésithérapeute qui travaille depuis quinze ans déjà à domicile avec des patients atteints de démence. Dans ses présentations sur les réseaux sociaux, M. James attire l’attention sur la manière de marcher de Trump, et en particulier sur le mouvement de sa jambe droite. « On dirait qu’elle est tirée depuis la hanche en demi-cercle pour éviter que la jambe paresseuse ne racle le sol. »

Selon M. James, il s’agit d’une adaptation à une faiblesse du côté droit, due à un AVC – « probablement en septembre dernier, lorsqu’il a disparu pendant quelques jours ». Mais il attribue aussi cette étrange façon de marcher à une démence frontotemporale – particulièrement visible sur les vidéos de Trump sur le tapis rouge avec Vladimir Poutine : il ne marche pas droit, il se balance fortement de gauche à droite.

C’est un schéma que M. James reconnaît dans sa pratique. « La démence réduit la capacité du cerveau à traiter les stimuli visuels. Cela s’accompagne souvent d’un regard vitreux, vide, mais aussi de cette faiblesse du côté droit. Ce sont des symptômes nets d’une maladie progressive pour laquelle il n’existe pas de guérison, parce que des neurones meurent et que votre tissu cérébral se rétrécit systématiquement. »

Et pourtant, la Maison-Blanche n’en souffle mot, et Trump se vante de sa « formidable condition physique, bien meilleure que celle qu’a jamais eue Barack Obama ». Trump alimente les doutes par des déclarations troublantes. Il a ainsi récemment affirmé avoir subi une IRM, sans pouvoir se rappeler de quelle partie du corps. « Il parle aussi souvent de tests cognitifs auxquels il aurait obtenu un score exceptionnellement élevé, dit M. James. Il fait comme s’il s’agissait d’un test d’intelligence, mais nous savons par les rapports médicaux qu’il s’agit du test Moca (Montreal Cognitive Assessment, ndlr), qui sert à suivre l’évolution de la démence. Son entourage est toutefois déterminé à faire comme si de rien n’était. »

La logorrhée

M. Gartner, qui a enseigné pendant des années à Johns Hopkins, une école de médecine de renommée mondiale, confirme cette analyse. « Par narcissisme, Trump revient sans cesse à ces tests et affirme que des démocrates “stupides” comme Jasmine Crockett ou Alexandria Ocasio-Cortez n’y réussiraient jamais aussi bien que lui. En réalité, ce test est un dépistage de la démence : un examen bref et simple pour vérifier si vous reconnaissez des animaux et des formes, et si vous pouvez répéter des mots ou de courtes phrases. Si vous n’obtenez pas un score presque parfait, votre cerveau est gravement atteint. »

Ce qui inquiète le plus M. Gartner, c’est que le dernier test et l’IRM qui l’accompagnait ont déjà été réalisés six mois après le précédent. « Cela signifie que ses médecins soupçonnent de sérieux signes de démence. »

Trump lui-même a dit avoir subi toute une batterie de tests, « de plus en plus difficiles, pendant quatre heures au total ». M. Gartner soupçonne que Trump a passé une batterie de tests neuropsychologiques approfondis parce qu’il avait échoué au Moca. « C’est la seule explication plausible. Trump a vendu la mèche involontairement. Il ne sait pas se taire, même lorsque ce serait dans son intérêt. »


The New Yorker a calculé que Trump avait prononcé 2,5 fois plus de mots durant la première année de ce mandat que durant la première année de son premier mandat. Le magazine parle de « logorrhée », une diarrhée de mots : un symptôme psychiatrique et neurologique qui se traduit par un flot de paroles pathologiquement excessif, souvent incohérent.

« Dans la démence frontotemporale, ce sont les lobes frontaux qui sont touchés, explique M. Gartner. Ces lobes maintiennent notre comportement civilisé, ils freinent nos impulsions animales et nous donnent la capacité de penser et de comprendre rationnellement. Écoutez les mots de Trump : ils deviennent chaque semaine plus dépourvus de sens. Et le pire, chez les personnes atteintes de démence frontotemporale, c’est leur comportement : elles deviennent totalement désinhibées et agressives. Dans une maison de repos, on assomme d’antipsychotiques de tels patients, parce qu’ils sont ingérables. En outre, je crains que Trump ne soit hypermaniaque : quand il se met en route la nuit, il lui arrive de tweeter 200 messages d’affilée, toute la nuit. Ce n’est pas un comportement normal. Il a toujours eu, par moments, cette énergie irrépressible, mais aujourd’hui son cerveau décline de façon indéniable. Cela rend son comportement plus primitif, plus confus, plus répugnant. Il n’a jamais été très aimable avec la presse, mais dire à une journaliste “tais-toi, petit cochon”, il ne faisait pas cela auparavant. »

Des phrases bien tournées

Lors de son premier mandat, Trump était encore tenu en bride par quelques membres de son administration qui le détournaient de ses pires impulsions. M. Gartner voit lui aussi cette différence : « Aujourd’hui, cet homme à la personnalité maligne est entouré de béni-oui-oui. Il les a choisis pour leur manque d’expertise – à la rédaction de Fox News, on riait même de Pete Hegseth – et pour leur loyauté absolue envers lui. Une partie d’entre eux sont de vrais croyants, certains souffrent peut-être eux-mêmes de psychopathies. D’autres sont de purs opportunistes, mais ils ont en commun qu’ils n’interviendront pas, quoi qu’il fasse. Le pire homme de la planète perd à toute vitesse ses capacités cognitives et ses inhibitions, et personne ne l’arrête : c’est la tempête parfaite, et il est inquiétant que si peu de gens mesurent ce risque pour la nation et pour le monde. »

Cela peut devenir encore plus inquiétant. « Je le dis à tout le monde : le Trump d’aujourd’hui est le meilleur Trump que vous verrez désormais. Demain, il sera pire. Parce que la démence est une maladie qui ne cesse de s’aggraver, jusqu’à vous tuer. La rapidité du déclin en est une caractéristique de base. Trump n’a jamais été un génie, mais il était autrefois plus intelligent que beaucoup ne le pensent aujourd’hui. Écoutez de vieilles interviews de lui, dans les années 80. Il savait développer une idée, il était cohérent, il parlait dans des phrases bien tournées. Aujourd’hui, il a même du mal à finir ses mots. Tout le monde est mort de rire quand, dans un talk-show de fin de soirée, on passe une compilation de tous les mots que Trump n’arrive pas à prononcer correctement. Mais il n’y a pas de quoi rire, c’est un trouble mental. »

« Le tissage »

Et puis il y a l’incapacité de Trump à rester sur un seul sujet. Au gré des associations d’idées, il part dans les directions les plus étranges, dans un bavardage et des rêveries permanents. Lui-même est fier de son style : il appelle cela « the weave » (le tissage).

M. Gartner ricane. « Trump mentionne tout, même ses problèmes. D’un test de démence, il fait un fabuleux test de QI, et à ses douloureuses divagations, il donne un vernis de génie en appelant cela “le tissage”. Alors qu’il ne sait tout simplement plus de quoi il parle. La plupart des Américains ne réalisent pas à quel point c’est grave. Ils voient des clips ou des extraits où Trump dit quelque chose de provocateur ou de divertissant. Seuls les journalistes doivent écouter pendant une heure et demie son bavardage, et tenter d’extraire un peu de cohérence de ce chaos. Les personnes atteintes de démence se rappellent soudain, en plein milieu d’une phrase, quelque chose de leur passé ou quelque chose qui les intéresse, et elles s’égarent. Pour nous, c’est très reconnaissable. »

Comme le mensonge. Les fact-checkeurs de The Washington Post en ont dénombré plus de 30.000 durant son premier mandat, et cela empirait chaque année. « Comme tous les psychopathes, Trump a toujours été un menteur invétéré, dit M. Gartner. Mais autrefois, il s’agissait surtout de mensonges politiques, du genre “le prix de l’essence n’a jamais été aussi bas”. Aujourd’hui, il s’agit bien plus souvent de confabulation, qu’on appelle aussi le “mensonge honnête”. C’est lorsque des personnes ont de faux souvenirs qu’elles tiennent pour réels. Elles vous racontent des anecdotes qui, de manière démontrable, ne se sont jamais produites, des inventions auxquelles elles ont elles-mêmes fini par croire. Trump aime par exemple raconter que son oncle a encore enseigné à l’Unabomber (un terroriste des années 80, ndlr), alors que c’est factuellement impossible. Ou qu’enfant, il jouait au base-ball à Cunningham Park, dans le Queens, et que sa mère l’encourageait à devenir professionnel, mais que son attention avait été attirée par l’hôpital psychiatrique de Creedmoor qu’il voyait depuis ce terrain. Rien de tout cela ne tient. Sa mère était cruelle et dure et ne s’occupait pas de lui, cet hôpital se trouve à des kilomètres de ce parc. Seules des personnes atteintes de démence confabulent à ce point. »

M. Gartner estime qu’il est de son devoir d’avertir – à l’image du petit garçon du conte qui crie que l’empereur est complètement nu. Et il aime remettre les sceptiques à leur place. Qu’un homme de bientôt quatre-vingts ans s’assoupisse parfois à un moment malvenu ? « Bien sûr, mais pas en permanence lors de réunions importantes, et certainement pas au banc des accusés pendant un procès pénal où votre avenir se joue. »

Ou que les gens de son âge oublient plus souvent un nom pendant quelques instants ? « Là aussi, c’est compréhensible, mais chez Trump, cela va beaucoup plus loin. Récemment, après une négociation sur le shutdown avec les deux chefs de groupe démocrates au Congrès, il a parlé de Hakeem Jeffries comme d’“un type sympathique” : il pensait manifestement l’avoir rencontré pour la première fois juste avant. Le numéro deux du Parti démocrate, avec qui il est en contact en permanence. C’est le signe d’une démence qui progresse rapidement. Mais cet homme a les codes nucléaires. »

Des laquais absolus
Invoquer le 25e amendement si cela empire encore ? « Je suis certain que cela n’arrivera jamais, dit M. Gartner. Parce que les gens qui l’entourent sont des laquais absolus. Ils se bousculent pour voir qui pourra se soumettre le plus à leur dieu. Alors qui l’arrêtera ? »

Alors que Trump s’enfonce de plus en plus dans les sondages, quelques élus républicains du Congrès commencent bien à le contredire sur certains dossiers, mais ils restent peu nombreux. M. Gartner ne croit pas qu’ils seront jamais assez nombreux pour lancer une procédure d’impeachment ou le destituer. Même si son comportement devient encore plus choquant. « Parce que ce ne sont pas des gens courageux, et qu’ils savent que Trump est vindicatif. Ils savent qu’un noyau dur d’environ 30 à 35 pour cent des Américains continuera à suivre son idole, même s’il abat des enfants sur la 5th Avenue. Cela fait peur à tout le monde, parce qu’il peut lancer cette base contre ses adversaires. »

M. Gartner n’est d’ailleurs pas tout à fait rassuré pour lui-même non plus. Surtout depuis que Trump l’a attaqué en le qualifiant de « médecin déshonoré souffrant de Trump Derangement Syndrome ». Le praticien précise que le « TDS » est une invention des fans de Trump. En riant : « Plutôt qu’une obsession, avertir à propos de Trump me semble justement être un signe de santé mentale. Mais certains confrères ne se font plus entendre, par peur des conséquences : un attentat commis par un fan de Trump, ou être pris pour cible par la Justice. Ma femme voudrait que je donne moins d’interviews. Mais ça va, je ne pense pas qu’elle lise les journaux belges. »




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