J'ai lu le dernier Lefranc, et il y a du bon comme du (nettement) moins bon.
On va tout de suite évacuer les deux problèmes majeurs de l'album :
Premièrement, le titre, et donc la couverture de l'album sont trompeurs, car s'il y a bien une régate au début de l'histoire, ce n'est clairement qu'un aspect très secondaire de l'album, d'ailleurs assez vite évacué.
Quand on parle régate, on s'attend d'ailleurs à voir une nuée de bateaux en compétition, hors il n'en est rien ici.
Bon, ce n'est certes finalement un aspect que secondaire, mais il fallait bien souligner l'incongruité de ce titre par rapport au contenu de la BD.
Deuxièmement, Régric nous produit de très beaux décors, que ce soit sur les bateaux (car oui, il y a un nombre certain de bateaux dans cet album, mais un seul participe à cette régate), la forêt, le palais, les iles, les paysages naturels, la mer : tout ceci est très beau, très réussi, et très bien mieux en couleurs.
En revanche, les visages, surtout en gros plan, là, ce n'est pas possible.
Je ne comprends pas que l'album ait pu sortir en l'état.
La couverture était annonciatrice, et cela se confirme tout au long des pages.
Le pauvre Lefranc est quasi-systématiquement raté.
Théa n'est guère mieux servie.
Finalement, ce sont les personnages secondaires qui s'en sortent le mieux.
Concernant Théa d'ailleurs, je n'ai pas pu l'ensemble des albums de la série, je fais régulièrement des impasses.
Je me demandais donc si on l'avait déjà croisée dans une précédente aventure.
La présentation qui en est faite le laisse penser, même si leur passif n'est pas nécessaire à l'histoire.
Pour le reste, l'histoire se lit dans déplaisir, c'est plutôt bien raconté, les scènes s'enchainent bien.
Certes, nous n'aurons plus jamais une histoire de la même densité que les premiers Lefranc par Jacques Martin.
Cela ne correspond plus à nos standards actuels, et il faut bien en faire son deuil, même si je le regrette.
J'ai été assez décontenancé par la fin de l'album.
D'abord par l'attitude de Lefranc qui n'hésite pas à faire un carnage et tuer des dizaines de personnes avec son 'joli feu d'artifice'.
Ça ne lui correspond pas du tout, ce n'est pas Buck Danny !
Tout comme cela ne lui correspond pas d'abandonner la moitié de son équipe sans prendre aucune de leurs nouvelles par la suite.
Enfin, la scène finale, dont j'ai certes bien compris l'objectif arrive comme un cheveu sur la soupe, alors qu'il aurait sans doute été possible de l'amener avec quelque chose en rapport avec le reste de l'histoire.
Bref, comme je le disais en introduction, il y a de bonnes choses, notamment les décors, les couleurs et le cadre indonésien, mais aussi de grosses lacunes, tant du côté du scénario que du dessin (les visages, non vraiment, ce n'est pas possible), ce qui en fait donc un album très moyen.
Le plus frustrant étant qu'avec un peu plus de travail et d'application sur les points négatifs soulignés, on aurait pu bénéficier d'un album plutôt bon.
