J'ai lu la première partie, rédigée par Jérôme Dupuis, consacrée à "L'histoire d'une collection".
C'est extrêmement fouillé et très riche en informations (l'iconographie est plaisante, avec beaucoup de lettres reproduites).
J'ai apprécié l'impeccable exposé des péripéties éditoriales et affrontements entre les protagonistes de cette aventure du Lombard et leurs interlocuteurs de toutes natures (dont les affreux réacs de la censure française).
Le livre offre un panorama sur la période qui voit les acteurs principaux (Leblanc, Hergé, Casterman, etc ...) se partager les territoires éditoriaux et commerciaux, un véritable Yalta des maîtres de la bande dessinée belge.
Que de personnalités étonnantes mises en lumière, tels ce Jack De Kezel, chef du service albums au Lombard !
Et que dire de ce courrier de Hergé à Casterman en 1954, louant l'imprimerie Van Cortenberg et dénigrant ses propres albums.
L'ouvrage révèle de belles surprises, c'est ainsi qu'on apprend que l'EO française du
Piège diabolique de 1962 ... n'a jamais existé ! (le BDM la signalait comme restant à confirmer).
Les auteurs ont eu accès à un nombre impressionnant d'archives, dont celles des tirages, documents irréfutables sur la réalité des succès et insuccès d'éditions.
J'ai bien aimé le passage sur les avatars du vocable "Peau d'ours", et toutes les citations des auteurs et témoins qui durant douze ans firent exister cette collection du Lombard (j'y ai appris pas mal)
Bref, un livre indispensable aux amateurs de la période !
Au chapitre critique j'ai relevé quelques rares oublis ou approximations mineures, vraiment peu de choses.
Par exemple la légende de la photo (page 40) ne mentionne pas Josette Beaujot, chef coloriste du Studio Hergé, qui joua pourtant un rôle certain au contact de Jacques Martin et E.P. Jacobs. Plusieurs albums Lombard de ces deux auteurs furent colorisés par l'équipe de Josette, qui racontait (off the record, malheureusement) moultes anecdotes sur Martin et Jacobs.