Le graphisme d'Ignacio Noé se prête particulièrement bien à l'histoire.
Il colle davantage à l'atmosphère du roman que le trait épuré et le style psychédélique (typique des années 60 et inapproprié pour ce récit ancré aux Etats-Unis dans les années 50) d'Alain Tercinet pour la réédition du bouquin par Losfeld en 1967.

Bizarrement, je ne trouve pas cette adaptation de Morvan et Noé dans la BEL.
Après les deux premiers pastiches plutôt noirs, le troisième Sullivan adoptait un ton humoristique qui tranchait sur les précédents (J'irai cracher sur vos tombes / Les morts ont tous la même peau). Par son aspect un brin fantastique, déjanté et horrifique, le second degré plaçait dès les premières lignes le lecteur dans une ambiance propice à la rigolade. Vian, avec ce 3e opus sous pseudo, se rapprochait davantage de la veine humoristique d'un Fredric Brown (qui écrivait du polar et de la SF) ou d'un Jonathan Latimer que des histoires plus sombres de James Cain et d'Horace Mc Coy, par exemple.
Concernant les romans, le néophyte curieux qui voudrait découvrir ce que Vian publiait sous son pseudonyme de Sullivan, deux titres me semblent les plus représentatifs de la palette qu'offre cette signature : "J'irai cracher sur vos tombes" ainsi que "Et on tuera tous les affreux". Ce qui n'interdit pas de s'intéresser aux deux autres.