Panique – Julien DUVIVIER – 1946
Désolé pour le retard de visionnage mais bon voilà, ça y est c'est fait.
Et comme je le pensais je n'ai pas du tout aimé. Non, décidément, je ne me ferai jamais à ce cinéma-là.
Non, en fait, je blague, j'ai trouvé le film excellent.
Je n'ai pas lu le roman de Simenon, ni vu le film de Leconte donc j'arrivais totalement vierge devant le film.
Bon, on va pas dire que ça respire la confiance dans l'espèce humaine. Le film donne une vision de la société des humains particulièrement désabusée (et c'est un euphémisme). On sent l'étau se resserrer petit à petit autour de ce Mr Hire, trahi dans le passé (on devine que sa femme s'est fait la malle avec son ami) et qui cache cette meurtrissure derrière une vie de misanthrope qui dérange. Mais un jour sa vie bascule, il s'entiche d'une jolie femme, il se rêve en protecteur. Mais c'est la femme qu'il fallait pas. Son destin est dès lors scellé, il sera tragique.
De l'autre côté, Alfred est juste un petit minable mais Alice en est follement amoureuse. Est-ce suffisant pour voir en elle une idiote? Ca me parait trop simple, cela relève pour moi d'un jugement moral trop lapidaire, comme on dit "le coeur a ses raisons que la raison ne peut pas connaître". Je me range à son égard du côté de la vision qu'en ont lobo et le Sergeant. Sinon, ce serait réduire la subtilité, la complexité du personnage et du film.
Quand elle se rend compte de l'humanité de Hire, quand elle sait qu'elle va lui nuire, quand tout lui dit de lâcher ce minable d'Alfred, parce qu'elle sait que c'est un minable, ben non, en fait elle l'aime. Comme elle a accepté de souffrir en prison pour lui, elle accepte de se faire complice d'un assassin et de précipiter la mort d'un homme en trahissant la confiance qu'il avait en elle. On est vraiment dans l'expression "se donner à quelqu'un". Corps et âme. Même si ça lui en coûte . Tout d'abord, la prison et maintenant le remords ou si ce n'est le remords au moins la tristesse. Le romantisme, c'est parfois très noir.
Ma note : 15/20
"Ca ne résout pas vraiment l'énigme, ça y rajoute simplement un élément délirant qui ne colle pas avec le reste. On commence dans la confusion pour finir dans le mystère."
Denis Johnson - "Arbre de fumée"