la préface du bouquin, pour aider à la décision :
Publié en 1972, Red Box (Akai Hako) tient une place à part dans la bibliographie de Toshio Saeki. En 1969, il quitte Osaka, où il travaillait dans la publicité, et monte à Tokyo avec l’espoir de devenir illustrateur dans le milieu de l’édition. Au cours des deux années suivantes, il publie les livres de dessins Saeki Toshio Gashuu (Agleman Publishing, 1970) et Saeki Toshio Sakuhin Shuu (Gakugei Shorin, 1971). C’est en 1972, à l’initiative de l’éditeur Haga Shoten, qu’il commence à travailler sur ce qui deviendra son livre le plus célèbre. Il est encore un tout jeune artiste mais Haga Shoten, qui est réputé pour publier les oeuvres d’auteurs influents comme Nagisa Oshima ou Shuji Terayama, lui donne carte blanche ; seul le titre lui est imposé comme point de départ.
Toshio Saeki réalise ce livre dans des conditions particulières. Sa femme, qu’il vient de rencontrer, est alors la proie d’un détraqué qui la poursuit où qu’elle aille. La menace grandit de semaine en semaine – le harceleur finira par tenter de la tuer avant de se donner la mort. Pour se protéger du maniaque, le couple est obligé de se cacher dans des tsurekomi yado, ces hôtels réservés aux amants qui souhaitent trouver un abri discret à leur relation. C’est sur les tables basses de ces chambres minuscules et dans ce climat si particulier que Toshio Saeki achève en deux mois les dessins de Red Box. De manière ironique, l’angoisse qui pèse sur le couple n’est pas sans faire écho aux visions qui constituent l’univers et la poésie macabre de Saeki.
Le livre, dont le design est confié au graphiste Keisuke Nagatomo, bénéficie d’une impression artisanale sur presse typographique, témoignant de l’intérêt que porte l’éditeur au travail du jeune artiste. Le prix de l’ouvrage s’en trouve inévitablement affecté, réservant celui-ci à un lectorat aisé. Mais la puissance et la crudité de ces images, le mélange inédit associant harmonieusement classicisme et modernité, valent à l’ouvrage d’être presque instantanément élevé au rang de livre culte, chef-d’oeuvre de la pop culture en train de s’inventer. John Lennon et Yoko Ono ne s’y tromperont pas, insérant l’un des dessins de Red Box à la pochette de leur album Sometime in New York City (1972).
Le livre fut réédité une première fois en offset en 2007 (Wairea Publishing). Mais c’est une édition entièrement nouvelle que nous proposons ici, dégagée des effets graphiques et concentrée sur les dessins d’origine, qui bénéficient de couleurs revues par l’artiste lui-même. Pour marquer cette différence, Toshio Saeki a changé le kanji (caractère) du titre, une subtilité qui échappera aux lecteurs occidentaux mais qui ne les privera pas de la force de cette renaissance.
Jean-Louis Gauthey
(texte proposé en anglais et japonais, visiblement Cornélius ambitionne une édition internationale)
Bon, sinon, j'ai parcouru le pdf, l'érotisme y est assez ténu, et même parfois totalement absent des dessins présentés. C'est vraiment un recueil purement ero-guro, avec son lot de créatures grotesques, de têtes décapités, de bébés monstrueux, d'éventration, de difformités, tout cela restant cependant très graphique et plus évocateur que véritablement réaliste.
deux exemples :
redbox01.JPG
redbox02.JPG