



![Bravo [:flocon:2]](./images/smilies/flocon2.gif)





Cette mission, c'est sa vie : dix années qu'il la prépare... Daniel Nikto et son équipe vont passer deux ans à explorer les sous-sols de la lune Europe et à organiser la colonisation prochaine du quatrième plus grand satellite de Jupiter. Pour Daniel, ce seront aussi deux années sans Eva, son épouse - bien que celle-ci l'ait manifestement déjà remplacé –, et surtout, sans sa fille Enya. Cette séparation a beau lui peser, impossible de ne pas partir : il a travaillé d'arrache-pied pour l'organisation de cette expédition, créant même un supercalculateur d'une puissance inégalée. Mais quand un neurologue annonce à Daniel qu'il a une tumeur au cerveau dont l'évolution est imprévisible, les responsables de la mission ne prennent aucun risque et décident de le remplacer...
Mission Europa, 182e jour. Est-ce bien Daniel que l'on découvre à bord du vaisseau ? Où est le reste de l'équipage ? Daniel semble l'ignorer aussi, et il n'y a personne à interroger à part l'ordinateur central Ke-E et un mystérieux individu, « Monsieur Zilch », qui affirme que c'est Daniel qui l'a accueilli à bord du vaisseau. Alors qu'il essaie de découvrir ce qui s'est passé, Daniel récupère çà et là les morceaux d'un projecteur holographique, comme s'il suivait un parcours fléché. Un jeu de piste, donc, en plein milieu de l'espace, dans un vaisseau désert où flotte une étrange odeur de brûlé et où passe en boucle une vieille chanson. Dans un climat de tension croissante, Daniel va bientôt réaliser qu'il n'y a pas d'échappatoire entre la Terre et Jupiter.
Après Neuf, qui mêlait très finement science-fiction et récit intime, Philippe Pelaez joue avec les nerfs de ses lecteurs dans Personne, où il s'attaque avec brio au thriller psychologique. Guénaël Grabowski, déjà dessinateur de Neuf, fait à nouveau des merveilles ici, alternant huis clos d'un vaisseau spatial et grands espaces américains.







guiguiche a écrit:C'est bien un one shot ?



Dunyre a écrit:J’ai lu « Personne » et, si j’avais adoré « Neuf », là je suis bien plus mitigé. Graphiquement, c’est toujours exceptionnel, Grabowski est un faiseur de merveilles, vraiment![]()
En fait, c’est un élément scénaristique qui me gêne :[Révéler] Spoiler:Le début est excellent, j’étais totalement pris dans le récit, puis arrive le moment où Daniel apprend sa tumeur, le suspense est à son comble : va-t-il quand même aller dans l’espace ou pas ?
Arrive alors ce premier chapitre… et là ça coince : Daniel se retrouve seul dans l’espace, sans « personne », il farfouille le vaisseau et tombe sur un ingénieur réseau qu’il aurait recruté avant de monter. Sauf que d’entrée de jeu en voyant ça je me suis dit « bon soit il n’est pas parti et tout se passe dans sa tête, soit, comme il y a une date indiquée au début du chapitre, il est réellement dans le vaisseau mais à cause de sa tumeur il est devenu fou, a tué tout le monde et a maintenant des visions ». J’ai même pensé, en grand amateur de Colonisation, à une représentation « physique » de l’IA gérant le vaisseau.
Au final j’avais vu juste et, malgré une reprise plaisante et dynamique sur Terre au chapitre 2 avec Daniel et sa fille (excellent le passage « lanceurs d’alerte »), je m’attendais à la fin… et c’est effectivement ce qui est arrivé. Du coup j’ai été déçu car « spoiler » par les auteurs dés le début…
Alors que narrativement, en poursuivant de manière classique et linéaire le récit, on aurait pu avoir une montée progressive des tensions :
1. il lance son projet, il apprend qu’il a une tumeur, il tente de récupérer sa femme, sans succès, il part avec sa fille, il lance la nouvelle IA de gestion du vaisseau ; (aucune info sur l’accident de sa fille, on garde pour la fin) ;
; GAP ;
2. la mission est partie, on apprend qu’il est monté à bord en cours de route, la vie suit son cours à bord, il est décidé par Stan et les autres de mettre Daniel en caisson, il s’endort, planche noire
; GAP ;
3. il se réveille du caisson, seul, il ne comprend pas qui l’a réveillé, pourquoi personne n’est là, etc., l’architecte lui apparaît, il doute, puis il reprend petit à petit conscience, l’accident de sa fille, le fait qu’il ait tué tout le monde, etc.
FIN
Ce souci de narration m’a gêné car en fait il a gâché l’expérience d’un récit que j’aime bien par ailleurs sur plusieurs aspects mais c’est comme regarder Usual Suspects en connaissant l’identité de Keyzer Söze : on perdrait pas mal en route…
En espérant qu’Achevé soit moins « lisible »

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