Un petit tour sur les bilans musique de fin d'année 2020, et je tombe sur Lena du Anna Högberg Attack. Le sextet délivre un free jazz nerveux et tendu, même dans ses moments les plus lents et minimalistes. Et si le premier morceau "pappa kom hem" peut renvoyer vaguement à son mentor Mats Gustafsson, Anna Högberg s'émancipe en se rappelant la puissance soul du free jazz des années 60. Un bien bel album.
C'est le "quatrième" de Broadway the Hard Way de Zappa.
Moins misanthrope que ces fabuleuses citations. Assez humoristique.
Je me demande ce qu'il en aurait été de Zappa en 2021, époque consensuelle minable. Il n'aurait jamais été connu, sûrement, donc la nature est parfois bien faite, parce que bon, qui ne connaît pas ?
"Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi".
S'il y a bien un groupe qui est entré en résonance avec Black Lives Matter, c'est Sault. Le collectif anglais, produit par Dean Josiah Cover a.k.a. Inflo (cf. le très bon Grey Area de Little Simz ou Rose In The Dark de Cleo Sol), portait déjà un regard en 2019 sur la condition noire tout en revisitant tout un pan de la Black Music, et a enfoncé le clou un an plus tard avec Untitled (Black Is), puis Untitled (Rise) qui a suivi quelques mois après. Preuve de l'amplitude stylistique de Sault, le premier cité sonne plus urbain alors que le suivant est nettement plus funk 70's. Les deux restent éminemment militants et vibrants et rappellent la souffrance du peuple noir, le tout dans un écrin musical sobre mais classieux.
Chaque nouvel album de la vénézuélienne Arca témoignait d'une étape de sa transformation, et avec Kick I, on ressent comme une forme d'achèvement. Transwoman accomplie, décomplexée, assumant son corps et son image, Alejandra Ghersi de son nouvel état civil a un peu délaissé ses abstractions musicales, comme si elles n'étaient qu'un travestissement dorénavant superflu. Kick I, annoncé comme le premier disque d'une tétralogie, se présente alors comme son album le plus accessible et catchy, revisitant avec bonheur et affirmation pop ou reggaeton, ce qu'elle n'avait fait que timidement jusqu'à présent. Comme d'habitude, le visuel est très important dans l'univers d'Arca et les transformations du corps et l'importance de l'image de soi sont une fois de plus au centre de ses vidéoclips.