
Le visuel définitif "
La femme qui vécut deux fois" de "
Poppée" (Luca Blengino | Riccardo Randazzo | Lou), chez Delcourt dans la Collection "Les Reines de Sang" (56 pages), décalé ce mois-ci du 5 au 19 mars 2026 :

A noter que cet album one shot Poppée (Luca Blengino | Riccardo Randazzo | Lou) paraît simultanément avec le dernier album de la trilogie Agrippine (Luca Blengino | Roberto Ali).
Dans
Agrippine, Blengino explore la dernière phase de l’influence d’Agrippine sur son fils Néron : une relation faite de contrôle, de méfiance et d’un amour maternel déformé par la politique. Agrippine y apparait comme une femme qui a façonné un empereur à son image, avant d’être progressivement rejetée par celui qu’elle avait porté au pouvoir, montrant une figure en bout de course, lucide sur la fragilité de son autorité et sur l’ingratitude d’un fils devenu souverain.
Avec
Poppée, Blengino déplace le regard vers celle qui va occuper la place laissée vacante par Agrippine : une jeune femme dont l’ambition rencontre celle de Néron au moment précis où celui-ci cherche à s’affranchir de l’ombre maternelle. Là où Agrippine représente la matrice du pouvoir, Poppée incarne son renouveau : séduction, intelligence politique, capacité à lire les failles d’un empereur en quête de légitimité personnelle.
La mise en miroir entre les deux albums devient alors évidente : Agrippine est la femme qui a fait Néron, Poppée est celle qui va le réinventer. Entre les deux, un même empereur, mais deux dynamiques opposées : l’une tente de retenir son influence, l’autre s’y engouffre.
Blengino montre ainsi comment Néron, figure centrale mais insaisissable, se révèle différemment selon la femme qui se tient à ses côtés. Agrippine dévoile le Néron fils, dépendant, façonné, encore hésitant. Poppée révèle le Néron adulte, avide de reconnaissance, prêt à remodeler son entourage pour affirmer son propre récit impérial.
En articulant ces deux portraits féminins autour d’un même empereur, Blengino compose ainsi un parallèle puissant : deux femmes, deux stratégies, deux époques du règne, mais une même Rome où le pouvoir se joue autant dans les chambres et les couloirs que sur les champs de bataille. Poppée apparaît ainsi comme le contrechamp naturel d’Agrippine, éclairant par contraste ce que chacune a projeté — ou tenté de projeter — sur le destin de Néron.
