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* * * Ciné-Club séance 133 à venir : film à définir * * *

La politique, la musique, le cinéma, les jeux vidéos et la culture en général lorsqu'elle ne traite pas directement de bande dessinée

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Messagede sergent latrique » 28/02/2026 18:52

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Merci Jolan :food:
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Messagede jolan » 09/03/2026 03:31

Vu.

Je posterai mon avis quand d'autres auront posté les leurs.
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Messagede sergent latrique » 10/03/2026 22:47

Alors je commence.
Fleu pâle (1964)

Le Japon au milieu des années 60. Résolument tourné vers le modernisme en surface, en particulier par la scène d'ouverture dans la gare à l'arrivée d'un voyageur qu'on ne connait pas encore, mais avec ses traditions et le monde interlope de la mafia et du jeu.
Muraki, sort de prison après plusieurs années d’enfermement pour le meurtre d'un membre du clan rival. Il apprend d'ailleurs que les deux clans ont fait alliance et que c'est un nouveau clan qui est devenu leur ennemi.
Il a du mal a retrouver sa place, son ancienne amie et ses habitudes et rencontre Saeko une joueuse compulsive dans un cercle de jeu clandestin. De là nait une relation sur le jeu, la séduction. Saeko est lisse, avec son air de poupée mais mystérieuse, dépensant l'argent sans compter et tient la dragée haute, seule femme au milieu d'une assemblée très masculine. Elle n'y est pas en tant que divertissement ou musicienne, geisha ou maiko pour chanter, divertir ou pour la cérémonie du thé mais bien égale des hommes.
Dans un autre cercle de jeu qui joue plus gros, Muraki remarque un jeune discret au profil inquiétant Yo. Sans connaitre ses motivations, il sent que ce type est dangereux. Les images et les scènes deviennent de plus en plus sombres.
Une nouvelle histoire de meurtre et de vengeance du clan va plonger Muraki dans une nouvelle condamnation en prison, l'éloignant de Saeko. Aurapavant, il va lui proposer le frisson en la faisant assister au meurtre.
On est dans la passion partagée au delà du raisonnable.

Les scènes de jeu me paraissent assez ennuyeuses comme le jeu auquel s'adonnent les joueurs qui sont hypnotisées par les tablettes et le rituel du jeu, rituel repris par la jeune Saeko avec maestria qui fascine les hommes.

On retrouve dans ce film, les codes de l'honneur japonais, leur culture du sacrifice pour le groupe et les rituels de cérémonie qui codifie presque chaque moment de la vie. Après avoir eu un peu de mal à adhérer au film, j'ai pu étre séduit par la mise en scène et la photographie, par exemple lors de la scène de la poursuite nocturne dans les rues désertes ou les virées en voitures (européennes, on reconnait une belle Renault Floride de cette époque où le Japon importait les voitures depuis l'Europe) où la recherche esthétique du rêve (moins réussie mais originale)
L'alternance de scène de nuit, avec la tension entre les joueurs et les poursuites avec les scènes de jour, totalement détendues (le marché, le dentiste etc.) accentue bien le côté obscur de la passion qui se confond avec la nuit jusqu'à la scène de meurtre au son d'une musique d'opéra.

Muraki, interprété par Ryō Ikebe réussit a incarner ce mélange de brutalité et de sensibilité avec une touche d'élégance, ce qui n'était pas simple pour ce rôle à mon avis.
Saeko jouée par Mariko Kaga, a aussi réussit à contenir cette ambiguité entre la jeune femme à l'air frêle et innocent, presque enfantin et cette motivation perverse du jeu et de la manipulation.

J'étais parti sur une note moyenne mais je remonte pour un 14/20.
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Messagede sergent latrique » 10/03/2026 22:50

Anecdote, je suis allé ce soir dans un cine-club organisé par mon boulot (4 ou 5 séances par an) et j'ai vu L'amour l'après-midi de Rohmer. Je crois qu'on a déjà vu quelques unes de ses oeuvres ici (au moins ma nuit chez Maud). Belle découverte pour ma part car je ne connaissais pas ce dernier volet des contes moraux (le 6°). Une petite séance Rohmer à garder sous le coude pour une prochaine fois, ça se tente.
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Messagede jolan » 11/03/2026 02:17

Fleur pâle - Masahiro Shinoda - 1964

Un film qui ne vaut que pour sa très belle réalisation. L'histoire ne représente strictement aucun intérêt pour moi, le film de yakusa ne me parle pas du tout, d'autant qu'ici il ne sert à rien, l'histoire avec la jeune joueuse étant plus intéressante, elle aurait gagné à être davantage travaillée, mais non, on a des histoires de bonshommes sans intérêt par-dessus, ce qui fait que la moitié du film m'a ennuyé au plus haut point, l'autre moitié étant trop parcellaire, trop brouillonne, et gâchée par la première.

Quelles sont les motivations de la petite bourgeoise pourrie gâtée en mal de sensations fortes ? Qu'est-ce qui pousse le yakusa libéré de prison à renoncer aux deux femmes qui l'aiment et à sa liberté en tuant à nouveau pour aller se réfugier loin d'elles en prison ? Jamais nous ne comprenons les deux personnages principaux, et moi quand je ne comprends pas et que je vois qu'on fait exprès de ne pas m'expliquer, je me lasse très vite. Je me suis donc beaucoup ennuyé.

j'aime bien =
le très beau N&B contrasté, l'exigence esthétique
les ambiances de nuit, dans les ruelles, sous la pluie
le travail de cadre, les longues focales (au plus près des visages), la narration en champ/contrechamp
la rencontre entre le vieil homme blasé, plus mort que vivant, et la jeune femme au visage pâle
la rencontre entre le vieux monde d'avant-guerre et le nouveau monde des années 60
le magasin aux horloges, le vieil horloger (violeur) alité va bientôt mourir

je n'aime pas =
les zooms hachés et tremblotants
les scènes soporifiques et interminables de jeu
les scènes de dialogues inutiles entre les deux chefs yakuza
la partie de l'histoire axée sur les clans de yakuzas, la "trame secondaire"
la scène en voiture avec l'espèce de Popeye/Carlos hilare, longue et au final idiot
la musique de Takemitsu, compositeur que j'apprécie d'habitude

10/20
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Messagede Loup Solitaire » 11/03/2026 18:06

Deuxième visionnage du film, Fleur pâle est un film noir qui vaut avant tout pour son ambiance, où l'on partage un bout de chemin avec les deux personnages principaux, Muraki et Saeko.
Lui est un yakuza déphasé suite à sa sortie de prison, visiblement décontenancé par l'évolution du Japon qui semble différer de ce qu'il a connu auparavant.
Il est comme ébloui par cette nouvelle vie, tout comme il le sera par Saeko, jeune femme de la bourgeoisie en recherche de sensations fortes, qu'il rencontre dans une salle de jeux, pour laquelle la victoire ou la défaite semble ne pas importer particulièrement, moins en tout cas que la recherche de frisson, à l'image de la course poursuite nocturne.
Muraki est d'ailleurs durant ces instants presque perdu, passif, chose tout à fait étonnante vu l'époque (une course poursuite où c'est une femme qui conduit, avec le héros masculin qui n'est que passager).

Les personnages semblent d'ailleurs surtout exister durant la nuit (je crois que nos deux protagonistes ne se rencontrent qu'une fois de jour).
De jour, Muraki est par contre celui qu'on regarde, vers qui on se tourne pour les décisions importantes.

Ambiance formidable donc, avec sa belle photo N&B.
Certains passages sont par contre moins intéressants, tout ce qui tourne autour du jeune yakuza que Muraki prend sous son aile notamment. Même si le film n'est pas très long (un peu moins d'1h40), quelques scènes auraient sans doute pu être retirées ou écourtées.

Mais dans l'ensemble, malgré quelques scories et un deuxième visionnage qui m'a un chouïa moins emballé que le premier, un très bon film, avec une belle fin sèche.

Ma note : 15/20

jolan a écrit:
Quelles sont les motivations de la petite bourgeoise pourrie gâtée en mal de sensations fortes ? Qu'est-ce qui pousse le yakusa libéré de prison à renoncer aux deux femmes qui l'aiment et à sa liberté en tuant à nouveau pour aller se réfugier loin d'elles en prison ? Jamais nous ne comprenons les deux personnages principaux, et moi quand je ne comprends pas et que je vois qu'on fait exprès de ne pas m'expliquer, je me lasse très vite. Je me suis donc beaucoup ennuyé.

10/20


Pour moi, concernant les motivations des deux personnages :
[Révéler] Spoiler:
Muraki n'arrive pas à s'adapter à cette "nouvelle donne", où les ennemis d'hier sont devenus des alliés. Il est presque un mort vivant, il déclarera à Saeko "lorsque je l'ai tué, je me suis senti vivre", ce qui laisse entendre qu'il était déjà comme ça avant son incarcération.
Il n'aime pas vraiment sa maîtresse, elle est juste pour lui un moyen de "tuer le temps". Lorsqu'elle lui dit qu'un de ses collègues l'a proposée en mariage, sa réponse est tu devrais accepter.
Il est au final plus à l'aise en prison.
Je ne pense pas que Saeko aime Muraki. Elle est attirée par lui, elle joue avec lui, il me semble n'être pour elle qu'un proxy, un moyen de se procurer un frisson, le jeu ou le meurtre (la mort du chef rival dans le restaurant). Et c'est avec un autre qu'elle se procurera d'autres frissons (la drogue), qui lui seront fatals au bout du compte.
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Messagede jolan » 11/03/2026 18:20

Oui c'est ce que j'ai compris aussi.
J'avais noté ça comme ça, mais en fait on comprend très bien leurs trajectoires et leurs motivations.
Ils sont à l'image de leurs époques respectives : lui déjà plus mort que vivant, et elle voulait vivre "à cent à l'heure", tout tester, tout vivre avant que de mourir jeune de ses excès et de ses mauvais fréquentations. Deux inadaptés de la vie. Leur seul intérêt étant d'ailleurs de jouer (voire perdre) à des jeux de hasard. Ils s'en remettent au hasard plutôt que de prendre en main leur destinée. Bon.
Le film reste longtemps en tête, mais je ne peux m'empêcher d'y repenser à regrettant que toute une partie soit aussi inutile et m'ait gâché l'ensemble.
De toute façon, on sent que l'histoire est surtout un prétexte à un film à la réalisation d'une grande maîtrise.

Comme dans l'un de mes films préférés ("Mauvais sang") qui est lui aussi basé sur une histoire de gangsters qui n'a aucun intérêt, mais où l'histoire d'amour est centrale et les quelques scènes annexes très brèves.
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Messagede Loup Solitaire » 11/03/2026 19:10

Oui, les à côté servent surtout à habiller le film et lui donner un cadre.

sergent latrique a écrit:Anecdote, je suis allé ce soir dans un cine-club organisé par mon boulot (4 ou 5 séances par an) et j'ai vu L'amour l'après-midi de Rohmer. Je crois qu'on a déjà vu quelques unes de ses oeuvres ici (au moins ma nuit chez Maud). Belle découverte pour ma part car je ne connaissais pas ce dernier volet des contes moraux (le 6°). Une petite séance Rohmer à garder sous le coude pour une prochaine fois, ça se tente.


Une séance Rohmer, vous voulez ma mort ! :D
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Messagede jolan » 11/03/2026 22:02

Rohmer, un cinéaste sans aucune technique, mais un vrai raconteur d'histoires, un vrai observateur des coeurs.
Il aura fait au moins deux chef d’œuvres par décennie selon moi.

Bon, en attendant la prochaine liste (proposée par Vaudou normalement, s'il revient dans les parages), je vais regarder aussi le deuxième film qui aurait pu être la double séance "La Bête élégante"
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Messagede sergent latrique » 11/03/2026 22:36

Je viens de regarder Ok Patron de Claude Vital avec une ribmabelle d'acteurs des années 70 Dutronc, Darc, Guybet, Blanche, Biraud, Ceccaldi etc... Je m'attendais à un nanar. C'est un nanar :lol:
Je vais maintenant voir un des films de la séance d'avant le fleuve sauvage , en Technicolor et d'après un roman de William Bradford Huie qui a aussi écrit the revolt of mamie stover qu'on a vu au ciné club dans "Bungalow pour femmes" (titre français du livre et du film) avec Jane Russel.
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Messagede lobo » 13/03/2026 10:37

Fleur pâle - Masahiro Shinoda - 1964
Muraki, à sa sortie de prison, jette un regard à la Meursault sur le genre humain. Des morts-vivants. Pourquoi doit-on payer autant quand on en tue un (pourtant il ne fait que trois ans de taule) ?. Magnifiques images de Tokyo, foule, paysages urbains, gros plans.
Mais la vie des yakusa est encore plus vide. A leur première apparition l’un est écroulé sur un mur et fume, l’autre joue au yoyo. On tue le temps avec le jeu, les courses de chevaux, le sexe (seulement discrètement suggéré, époque oblige : « j’ai trouvé un endroit où il y a des pépées comme ça »), la vitesse, la drogue pour certains. J’aime beaucoup les scènes de jeu avec la litanie du croupier. Quel ennui ! Pour Muraki, les seuls moments où on se sent vivre, c’est quand on tue. Mais sur ce fond de vide existentiel, il connait le Désir. Un désir fou, inassouvi (ils ne feront pas l’amour quand ils se retrouvent nus dans un lit pour échapper à la brigade anti-jeux, mais il y a une magnifique et énigmatique séquence de regards, qui finira par un pari). Elle cherche les sensations fortes pour se sentir exister, le jeu très gros, la vitesse (dans sa belle voiture française), la drogue, quant au sexe, on ne sait pas ? Lui, sans doute pour tenter de l’impressionner, accepte de venger son clan en tuant un chef adverse, au couteau, sous ses yeux à elle. Il en écopera à nouveau trois ans de prison.
Le réalisateur joue avec nos nerfs à la fin...
[Révéler] Spoiler:
quand on apprend sa mort, tuée, par qui ? Yo ? Crime passionnel ? « A l’occasion, on a découvert son identité. Cette fille était… » On ne saura jamais

La réalisation me semble très belle, à part quelques loupés (zooms maladroits, la scène de rêve).
Plusieurs choses que je n’ai pas comprises : cette scène dans la foule où on voit un amoureux transi à lunettes déclarer maladroitement sa flamme à une femme indifférente. La course dans les rues la nuit avec Yo qui envoie des espèces de bistouri. Le système de peines au Japon : pour un yakusa, tuer quelqu’un, c’est faire le sacrifice pour le clan, de trois ans de prison. Bizarre.
Au total un bon film amha, qui me donne envie de voir les autres de la série proposée par Loup Solitaire. Ce n'est pas du tout le cinéma japonais que je connais (Mizoguchi, Kurosawa, Naruse, Ozu).
14/20
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Messagede euh... si vous le dites » 13/03/2026 11:04

lobo a écrit:Ce n'est pas du tout le cinéma japonais que je connais (Mizoguchi, Kurosawa, Naruse, Ozu).


Masahiro Shinoda fait partie avec Nagisa Oshima et Yoshihige Yoshida de la Nouvelle vague de la Shochiku.
Au tout début des années 60, la Shochiku, une des 5 grandes boîtes de production japonaises (avec la Toho, la Toei, la Daiei et la Nikkatsu) donne les coudées franches à plusieurs jeunes réalisateurs pour réaliser des films à petit budget sur le modèle de la Nouvelle vague française. Le but est de toucher un nouveau public et de capitaliser sur un effet de mode, dans le sillage également du phénomène social des films taiyo zoku (tribu du soleil) qui ont fleuri dans la deuxième moitié des années 50 et qui mettent en scène une jeunesse désoeuvrée qui se libère des carcans imposés par la société japonaise.
C'est ainsi que dès 1960 des films comme Contes cruels de la jeunesse d'Oshima, Le lac désseché de Shinoda ou Bon à rien de Yoshida tranchent radicalement avec le cinéma des classiques que tu cites. Bon à rien cite même expressément le final d'A bout de souffle de Godard.
L'équilibre est instable, entre les aspirations de ces jeunes cinéastes et les contraintes des studios, et dès le milieu des années 60, ces trois réalisateurs auront claqué la porte pour produire leurs films de manière indépendante.
Fleur pâle est un des derniers film de Shinoda pour la Shochiku, basé sur un roman de Shintaro Ishihara, la principale inspiration des films du genre taiyo zoku (dont la vedette et superstar n'était autre que son frère Yujiro Ishihara).
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Messagede lobo » 13/03/2026 11:22

Merci euh... pour ces précisions très bienvenues. Je vais essayer de voir d'autres films de ce courant. Hormis le cinéma, tu recommanderais la lecture des romans de Shintaro Ishihara ?
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Messagede euh... si vous le dites » 13/03/2026 11:43

lobo a écrit:Merci euh... pour ces précisions très bienvenues. Je vais essayer de voir d'autres films de ce courant. Hormis le cinéma, tu recommanderais la lecture des romans de Shintaro Ishihara ?


Jamais lu Shintaro Ishihara.
Son roman emblématique La saison du soleil a été réédité en français il n'y a pas très longtemps. Je pense que ça doit valoir la peine de s'y pencher. Je le ferai si ça sort en poche un de ces jours.
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Messagede jolan » 13/03/2026 18:05

lobo a écrit:Plusieurs choses que je n’ai pas comprises : cette scène dans la foule où on voit un amoureux transi à lunettes déclarer maladroitement sa flamme à une femme indifférente.


C'est le jeune homme de bonne famille épris de l'ancienne maîtresse de Muraki, celle qui vit chez l'horloger.

Moi aussi ça m'a donné envie de voir d'autres films de Shinoda, mais pas facile de trouver de belles versions de ses premiers films.
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Messagede sergent latrique » 13/03/2026 18:25

Tout le monde a vu et voté ?
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Messagede jolan » 13/03/2026 18:54

Il manque Euh et Vaudou
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Messagede sergent latrique » 13/03/2026 18:57

Ah ouiche, on est plus nombreux maintenant, mister "euh..." aura probablement un point de vue intéressant de par sa connaissance du monde nippon. :ok: et j'ai lu que vaudou connaissait bien le cinéma japonais. Allez-y les gars :bravo:
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Messagede euh... si vous le dites » 13/03/2026 19:05

sergent latrique a écrit:Ah ouiche, on est plus nombreux maintenant, mister "euh..." aura probablement un point de vue intéressant de par sa connaissance du monde nippon. :ok: et j'ai lu que vaudou connaissait bien le cinéma japonais. Allez-y les gars :bravo:


J'ai prévu de le visionner lundi.
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Messagede euh... si vous le dites » 13/03/2026 19:23

jolan a écrit:Moi aussi ça m'a donné envie de voir d'autres films de Shinoda, mais pas facile de trouver de belles versions de ses premiers films.


J'ai tous ses premiers films, dont la plupart dans de très bonnes versions. Avec sous-titres en anglais cependant.
Je peux te les filer si tu veux.
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Messagede jolan » 13/03/2026 20:37

Je ne peux que répondre favorablement.

:bisou: :food:

@Sergent : Et "Le Fleuve sauvage" ?

Pour le sieur Vaudou, plus de nouvelles depuis le premier vote... je ne sais pas s'il est encore parmi nous.
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