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our éviter d'offrir un prétexte au Cardinal Rouge, le Sénat n’a pas réagi à la tentative d’assassinat de Rembrandt qui cherche toujours à sauver la paix. Toutefois, la République est maintenant au bord du gouffre. Les puissances étrangères se préparent pour la curée, la brève liaison entre Callisto et Horacio a ravivé l’antagonisme entre les deux écoles de bretteurs. Ce dernier, réfugié derrière son rôle de soldat obéissant, paie amèrement ses choix et finit par douter de la voie à suivre.
Faisant une nouvelle fois preuve d’une grande maîtrise narrative, Jérôme Le Gris poursuit la déclinaison du destin du prince-duelliste de l’Académie Démocrate et de la République. Proche d’une uchronie s’inspirant du contexte politique de l’Italie à la Renaissance, le récit se base sur un enchevêtrement d’intrigues politiques clairement exposées, sans jamais se résumer à un simple traité de stratégie et de manipulation. La dimension humaine est en effet très présente dans cette tragédie. Les personnages sont extrêmement bien posés et possèdent un charisme indiscutable. À l'image de ce que traverse leur pays, leurs existences vont basculer dans le drame. L’interaction entre leurs actes, leurs principes, leurs ambitions et la grande histoire est habilement construite, offrant une œuvre dense et sans temps mort.
Dans un style qui rappellera à certains celui d’Alice ou encore de Lauffray, Nicolas Siner propose un graphisme puissant et dynamique. Les planches sont soignées tant au niveau de l’expressivité des protagonistes que pour les décors précis et évocateurs. La limpidité du découpage et la qualité de la mise en couleur achèvent parfaitement le rendu de l’atmosphère de cette épopée.
Les promesses nées du premier tome se concrétisent. Horacio d’Alba est une série intelligente et addictive.
>> La chronique du tome 1
Ce second tome d'Horacio d'Alba est tout autant prenant que le premier "La République du Point d'Honneur".
L'histoire est toujours autant prenante et les dessins de très bonne qualité !