U
ne chance pour se réinventer, se réorienter vers ses passions, le chômage, c’est aussi oppressant et désespérant. Décidé à se ressaisir, Alphonse prend le taureau par les cornes et désormais accepte toutes les propositions que son agence d’intérim lui propose. Il faut bien manger et il en va de sa santé mentale. Comme disait l’autre, il suffit de traverser la rue. Faites quand même attention à bien regarder à gauche et à droite avant de vous engager.
Alphonse – La gueule de l’emploi aurait pu être un brûlot rigolo à propos des emplois précaires, un récit acide sur les métiers zarbi ou une fable façon Monsieur Hulot. Philippe Pelaez a certainement eu ces éléments en tête en imaginant les péripéties de son héros. Malheureusement, sa réflexion semble s’être arrêtée en chemin. Personnage principal sans accroche, historiettes mal fagotées dans lesquelles les gags se font rares ou sont téléphonés et chutes mollassonnes, le résultat s’avère décevant. Format court mal adapté ? Peur de ruer franchement dans les brancards ? Le scénariste n’a pas trouvé la bonne distance et le bon angle afin de traiter son sujet et n’obtient en guise de récompense que quelques sourires de politesse plutôt que les éclats de rire attendus.
Nouveau venu en provenance du monde de l’illustration et du multimédia, Pascal Valdés s’est adapté immédiatement au langage de la BD. Trait rapide, évidemment très «cartoon», mise en page dynamique et un bon coup de crayon pour les rictus et les attitudes qui en disent long, les planches se détaillent avec facilité et pas mal de plaisir. La mise en couleurs très actuelles accompagne efficacement les déambulations professionnelles désastreuses de ce quidam finalement sympathique dans sa déveine continuelle.
Très – trop – convenu et sans doute trop gentil vu le contexte, Alphonse – La gueule de l’emploi ne décroche pas de CDI. L’album permet néanmoins de découvrir un dessinateur au style plaisant et à la technique sans faute.
Poster un avis sur cet album