À dix-sept ans, la joueuse de tennis Marguerite Broquedis rêve de représenter son pays aux jeux Olympiques de Stockholm, en 1912. Le baron Pierre de Coubertin en mène large et s’oppose à l’idée que les Françaises s’y rendent, même si d’autres états se montrent ouverts sur la question. Avec la complicité du journaliste Jules Fallières, elle réussit tout de même à le convaincre. La délégation comprend cent-dix hommes et une femme ; celle-ci est la première médaillée d’or de l’Hexagone.
Paul Carcenac, correspondant au Figaro retrace la vie de la championne. Il insiste sur sa détermination à briser les conventions. En plus de pratiquer une activité dite masculine, elle impose une tenue confortable pour courir et frapper les balles, en lieu et place du chapeau et de la robe aux chevilles qui étaient, jusque-là, la norme. Le scénariste la décrit comme une icône féministe ; paradoxalement, il ne s’attarde pas vraiment sur ces enjeux et accorde plutôt beaucoup de place aux services, amortis et autres lobs. Un peu comme s’il n’avait pas osé embrasser le véritable sujet de ce livre.
Le récit s’arrête alors que l’héroïne s’est hissée sur la plus haute marche du podium et qu’une tribune lui est offerte dans les pages de La vie au grand air, où elle livre un plaidoyer en faveur de l’activité physique chez les femmes. Il aurait été intéressant de présenter la suite des choses, d’évoquer son héritage et de mieux mettre en contexte son action. Son combat ne se veut pas un acte isolé, il s’inscrit dans un vaste mouvement d’émancipation.
Il y a assez peu à dire sur les illustrations. Bédéiste spécialisé dans le sport (notamment le basketball et le cyclisme), Fabien Ronteix propose un dessin semi-réaliste dynamique, particulièrement lorsqu’il dépeint la protagoniste raquette en main. Les décors apparaissent succincts, un choix discutable dans une bande dessinée à saveur socio-historique.
Marguerite Broquedis, l’histoire de la première championne olympique française rappelle le destin d’une athlète oubliée ; le bédéphile a cependant l’impression que tout n’a pas été dit dans cette biographie parcellaire.
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