L
ourd de ses nuages, le ciel pleure et mouille les carreaux de la voiture qui emmène Lucie sur les côtes italiennes. Le visage de la petite fille reflète cette tristesse et cette grisaille. Ah ! Que l'été commence mal ! Confiée à un couple d'amis de sa mère, elle va devoir affronter beaucoup de nouvelles choses : un séjour chez des inconnus, l'ennui, la solitude... mais de drôles d'invités inattendus vont lui faire vivre des rencontres incroyables et finalement, des vacances inoubliables...
Après la science-fiction délirante de Minivip-Supervip, Grégory Panaccione revient à l'authenticité avec un très bel album, Un été sans maman. En noir et blanc et sans parole (ou presque), l'auteur propose une chronique d'apparence anodine basée sur un fait tragique de 1947 (le naufrage d'un navire transportant des orphelins de guerre), cependant, progressivement, laisse le surréalisme se mêler à la réalité. Surprenant assurément, ce mélange se fait de manière naturelle et captive l'attention sans effort. Les personnages sont très attachants, notamment l'héroïne, une fillette toute menue mais débordante de spontanéité et de créativité, ainsi que les étranges créatures qui viennent brusquer son destin. Grâce à une bonne gestion du rythme, l'intrigue s'enrichit et se densifie, incorporant de nombreuses thématiques comme l'amitié, l'héritage du passé, le déracinement... Le monde des adultes, terre à terre, s’oppose à l'onirisme de celui des enfants. Le développement du scénario laisse la part belle à la surprise. Les simples bonheurs de tous les jours (la saveur du repas, les joies du cerf-volant, les baignades dans la mer, la complicité entre amis...) expriment de la tendresse et de la sensibilité, tandis que la maladresse et le naturel de certains protagonistes apportent une touche d'humour sympathique. La dimension dramatique est présente également, par les tragédies liées au parcours éprouvant de l'immigration.
Le trait relâché de l'artiste, vivant et expressif, prend son ampleur dans les regards et la gestuelle. Cette patte graphique indéniable s'exprime de belle manière dans les séquences muettes, s'attardant sur des plans fixes révélateur de milles choses. L'ensemble génère un plaisir de lecture, renouvelé à chaque page. Le lecteur retrouve des silhouettes évoquées dans les précédentes histoires de l'Italien, comme le blondinet de (Chronosquad) flanqué d'un corps de colosse ou le chien de Tobi mon ami).
Un été sans maman possède suffisamment de qualités pour se rapprocher du superbe Un océan d'amour dans l'humanité et la délicatesse qui s'en dégagent, une touche fantastique en plus.
Jolie narration sans parole.
Dans un premier temps, je me suis beaucoup amusé avec ce côté Tati, cinéma muet, qui s’illustre très bien et offre des scènes très drôles.
Après, j’ai été un peu perturbé avec le côté surréaliste des poissons à pattes qui parlent français, l’île ou le changement d’âge des deux enfants.
Enfin, j’ai été un poil largué quant au message et c’est bien qu’un petit paragraphe explique clairement ce qui est suggéré ici et là dans l’histoire, pour être bien sûr d’avoir capté au moins une partie…
Je pense qu’hélas, des bouts de l’histoire m’ont échappé, mais graphiquement et narrativement, je me suis bien éclaté.
Le titre fait un peu peur dans la mesure où l'on pourrait croire qu'une enfant a perdu sa maman et qu'elle va passer un été sans elle. Fort heureusement, il n'en n'est rien puisque la maman dépose sa fille Lucie chez des amis en Italie. C'est au bord d'une grande plage en face de l’île de Gallinara. Bref, un décors plutôt idyllique.
Un drame s'est pourtant produit en 1947 où un bateau à moteur transportant 84 enfants a fait naufrage à une centaine de mètres de la rive. Or, peu de passagers savaient nager. Près de 43 enfants sont morts noyés.
On retrouve le fameux personnage propre à chaque bd de Grégory Panaccione et qui ressemble à Gérard Depardieu. C'est toujours aussi drôle et espiègle mais sur un fond de vieille tragédie d'antan citée plus haut.
Le récit est muet par moment mais il y aura quelques dialogues pour ponctuer ce récit un peu fantastique. Le trait de l'auteur est toujours aussi plaisant à voir. Cela se lit avec beaucoup d'aisance. Le scénario réserve également quelques surprises.
Une œuvre d'une grande tendresse avec une certaine sensibilité.
Nous connaissions déjà Grégory Panaccione qui avait dessiné (entre autres) l’album « Un océan d’amour » que nous avions adoré (BDA LUP. écrit par Lupano). Il signe ici entièrement cet BD dans laquelle nous partons, non loin de chez nous, à Albenga. Vacances d’été en Italie pour ce petit français qui se retrouve immergé dans la langue italienne qu’il ne comprend pas et où les rêves vont se mêler à la réalité. Histoire sans parole très émouvante autour d’un drame survenu dans les années cinquante au large de l’ile Gallinara.