I
l ne faut pas plaisanter avec l'âme d'une grenouille défunte. Sauf qu'Ichiro s'en fiche : quand il veut quelque chose, rien ne l'arrête. Planquer un batracien mort dans la machine à laver pour faire peur à sa maman, prendre son grand-père en otage, ah, il finira par l'obtenir, sa télé couleur ! Viens ici que je t'attrape vilain garçon ! Et hop, enfourchant la première bicyclette à portée de main, la mini terreur file à toute berzingue, narguant l'autorité maternelle. Après s'être heurté à un camion et effectué un superbe vol plané, il s'en sort relativement bien : neuf points de suture à l'arrière de son crane fraîchement rasé. Mais, est-ce parce qu'il a frôlé le Ciel, la punition d'un dieu mécontent ou simplement le retour de bâton ? Le fait est qu'à présent, les fantômes en errance viennent le tarauder afin qu'il exécute leurs dernières volontés. Et qui est-ce qui empoisonne l'existence de l'autre maintenant ?
Publiée au Japon entre 1993 et 1995, cette série très sympathique est loin d'avoir perdu de sa fraîcheur. Makoto Isshiki (plus connue pour le film d'animation Piano Forest) conte les péripéties d'un enfant de neuf ans, évoluant dans un village de campagne nippone. Insupportable, d'une imagination débordante (surtout pour les bêtises) et Intrépide jusqu'à l'inconscience, Ichiro Hanada et son entrain aussi machiavélique qu'inépuisable fait tourner en bourrique tout son entourage (parents, sœur, voisins et animaux). Chaque chapitre est consacré à une «mission» particulière, avec un revenant différent. Si le schéma est le même, la répétition est habilement évitée grâce au contexte qui explore des moments cruciaux, des circonstances et des étapes de la vie qui, petit à petit, feront évoluer le galopin qui est loin de posséder un mauvais fond. L'équilibre entre moments touchants et drôles est finement réparti avec légèreté et une grande justesse de ton. Une chose est sûre, le lecteur ne restera pas de marbre et pourra même s'autoriser un brin de réflexion sur les thèmes graves que sont le deuil, les promesses, les amours perdues.
La mangaka croque avec beaucoup d'humour et d'affection ses personnages, notamment avec ses expressions caricaturales jubilatoires et ses décors ruraux charmants.
Il n'y a pas d'âge pour rire et s'émouvoir, alors pourquoi ne pas se laisser tenter par les aventures hautes en couleurs de ce petit diable ? (cinq tomes prévus, le prochain en octobre)
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