S
ous l'aile du mystérieux Ergyu Bilkaer, il aura fallu à peine une année à Frank Carvale pour se faire une place à Wall Street. Devenu le gestionnaire en vue de la place, il paraît connaître une ascension sans limite. Sa dernière trouvaille ? Vendre des produits financiers accolés à des prêts immobiliers. Tous les indicateurs du marché annoncent des rendements élevés et des risques modérés.
Après un premier tome introductif, Tristan Roulot et Philippe Sabbah entrent dans le vif du sujet avec Actifs toxiques. Quasiment didactique, le scénario prend des airs de cours d'économie, un peu au prix de l'intrigue malheureusement. En effet, les auteurs passent tellement de temps à expliquer les mécanismes des « subprimes » et à détailler comment leur chute a entraîné la planète dans la crise, que le rôle du héros et les sombres agissements de son mentor en deviennent quasiment secondaires. Résultat, l'album manque drastiquement d'homogénéité, tant il semble être fait de pièces rapportées pesamment juxtaposées. De plus, la personnalité détestable de Frank Carvale, bellâtre naïf et arrogant, n'invite pas non plus à la compassion, tout en rendant la lecture guère enthousiasmante.
Passer de Hong Kong à New York n'a pas particulièrement posé de problème à Patrick Hénaff, principalement parce que la majorité de l'action continue à se dérouler entre quatre murs (rien ne ressemble plus à un bureau qu'un autre bureau). Ironiquement, c'est une bonne chose, car le dessinateur ne se montre vraiment pas très à l'aise dans les scènes d'extérieurs Preuve en est, la très hésitante escapade italienne : rarement une virée en Ferrari aura été aussi si mal montrée. Néanmoins, il se rachète lors des nombreux épisodes de joutes oratoires dans lesquelles la tension des négociations est très bien rendue : les regards s'affrontent, les arguments s'imposent et les contrats finissent par être signés.
Trop collé à l'Histoire récente, Actifs toxiques manque de recul sur son sujet et finit par ressembler à un documentaire mal construit.
Hedge fund est une BD qui parle du 'monde de la finance' comme c'est la mode depuis quelques années.
Je poste ce commentaire car selon moi cette BD sort son épingle du jeu par rapport à la concurrence.
Je trouve que le dessin de style assez réaliste est bon dans l'ensemble des 2 tomes actuellement sortis.
La trame générale n'est pas particulièrement originale: un jeune loup sous la protection d'un magnat de la finance va (évidemment ) connaitre la grandeur et la décadence. Mais la description claire des métiers relatifs à la finance, la peinture sans concession des différents protagonistes rendent la BD particulièrement divertissante et peut être même didactique (l’événement central est la crise des Subprimes).
Les 2 tomes sont de bons albums. Bref, une BD bien sympa et j'attends le dénouement (à priori dans le prochain tome) avec impatience.