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n septembre 1942, alors que la guerre en Afrique du Nord s’enlise, la 7e division blindée britannique défait un avant-poste de jeunes recrues allemandes inexpérimentées et capture un dignitaire nazi, fraîchement débarqué de Berlin. Rapidement, le dignitaire va avouer que, sur ordre direct du Führer, il est à la recherche du Corpus Hermeticum et d’un accès à la secrète Cité des Piliers. Parvenue à un vieux mausolée partiellement enseveli, la division britannique va découvrir à ses dépens, que que toutes les vieilles légendes arabes sur les créatures immortelles ne sont pas dénuées de fondement.
Après avoir exploré les étendues glacées du Pôle et les forêts mystérieuses de la Bretagne romaine, cette série nous fait maintenant découvrir le pendant « arabe » du Corpus Hermeticum et des étranges créatures auxquelles ce livre, sensé contenir toutes les connaissances ésotériques des anciennes civilisations, donne accès. D’un premier abord, Les larmes du Désert s’apparente à un récit d’aventure prenant et bien agencé, mêlant des actions de guerre à des éléments fantastiques qui ne sont pas sans rappeler le pacte signé par le Faust de Goethe. Le dessinateur des Ailes du Phaeton est égal à lui-même avec un trait légèrement statique, avare en décors et donnant une certaine froideur aux personnages. Néanmoins, ce style n’en reste pas moins réaliste et soutient l’action de manière plus que satisfaisante.
Pris à part, cet album n’est donc pas dénué de qualités mais, au vu de l’évolution de la série, le manque d’informations et de début d’explications sur le Corpus Hermeticum commence légèrement à lasser. Même si de ténus éclaircissements se profilent à l'horizon, il est fort difficile de se débarrasser de cette impression que finalement, le Corpus Hermeticum et les secrets qui l’entourent ne sont qu’un simple moyen pour les différents auteurs de produire des histoires fantastiques basées sur toutes les légendes ésotériques possibles (Thulé, divinités celtiques et autres Djinns arabes) sans avoir à fournir de lien cohérent.
Au final, Les Larmes du Désert est, de manière contradictoire, un album correct et décevant. Misoffe et Fino parviennent en effet à livrer une aventure aux accents faustiens, nerveuse et attirante, mais qui comparée aux albums précédents, déçoit fortement par le manque de révélations et par le côté légèrement répétitif de l'intrigue générale.
Le problème de cet album ne réside pas dans les traits du dessinateur mais dans le scénario qui a beaucoup de similitudes avec le 2nd tome.
Bref, pas de grosses surprises à la lecture et, même si de nouvelles informations nous sont données sur la civilisation perdue décrite dans le C.H, l'effet captivant du 1er tome ne se réitère pas ici.