A
lex est musicien, et son groupe fonctionne plutôt bien, tournant de salles en salles. Kamila est sa petite amie, et est assistante sociale. Leur vie, entre les apéros avec les amis, les repas avec le père et le frère de Kamila et les répétitions du groupe d’Alex, leur apporte tout le bonheur voulu. Puis un soir, alors que son groupe joue en première partie dans une grande salle, tout bascule pour Alex. Kamila est à l’hôpital…
Premier livre de Cmax, Kamila est un nouveau titre de la collection Discover des éditions Paquet. Cette collection fait la part belle aux jeunes auteurs, et leur offre la possibilité de sortir du tout venant grâce à une présentation d’album aussi originale qu’irréprochable.
Kamila est un double album : débutant comme une chronique, avec en toile de fond les difficultés au quotidien d’un couple métis (un français de souche et une maghrébine, l’un subissant le racisme du frère de sa compagne, tandis que l’autre subit le racisme ordinaire de ses concitoyens), il se poursuit rapidement comme une réflexion sur le deuil et le renoncement. Malheureusement, les dialogues, qui se veulent naturels et crédibles, frisent parfois le ridicule, et la charge contre le racisme qui sous tend l’ensemble de l’album paraît souvent trop outrée pour emporter l’adhésion du lecteur. Des propos amenés sans finesse sur un thème rebattu et convenu, tout simplement.
Il est dès lors difficile d’accorder toute son attention à cette première œuvre, malgré la bonne volonté de l’auteur qui voulait apparemment faire vibrer son lecteur sur la corde du mélodrame. Il est néanmoins indéniable, au vu de certaines planches, que Cmax est un jeune dessinateur prometteur, capable d’un graphisme séduisant, d’un encrage parfois virtuose (rappelant fatalement ses illustres aînés, Baudouin et Blutch en tête) et d’une mise en page étonnante. Des fulgurances qui ne font pourtant pas de ce Kamila un bon album. D’autant que le dessin, dans son ensemble, paraît plus brouillon que maîtrisé.
Un auteur à suivre donc, mais qui aurait probablement dû travailler avec un scénariste pour ce projet, tant il est évident qu’il n’a pas su tirer de son histoire tout le potentiel.
Lorsqu'on est seul, on est seul et plus rien n'a d'importance...
Alex va vivre le pire drame de sa vie et devra vivre avec les conséquences de ce
que l'on pourrait appeler de l'inconscience.
Avec fond de trame de racisme pur et dur, la remontée de fond des abysses n'Est
pas toujours facile.
Les encres sont à l'image de cette triste histoire: en retenue et dégagent la même
tristesse que celle ressentie par le personnage.
Pas mauvais mais pas inoubliable.