D
ans un futur lointain, les hommes ne livrent plus directement bataille, mais projettent leurs esprits dans des armures de haute technologie. Les nobles se défient ainsi entre eux, sans risquer autre chose que leur honneur, mais un ennemi surpuissant apparu aux confins de la galaxie va forcer Elias, l’empereur, à les unir sous une même bannière.
Sous couvert de ce concept « Matrixien » de combat virtuel, il y a quelque chose de très traditionnel dans cet album. Complots et rivalités politiques, trahisons, honneur, destinée, combats épiques : des ingrédients qui ne diffèrent guère de certaines tragédies Raciniennes. De là à faire de Metal un classique, il y a un pas qui ne risque pas d’être franchi de sitôt. Multiplicité des lieux et personnages (graphiquement peu différents), concepts peu expliqués, narration hachée : une seconde lecture apparaît indispensable pour bien appréhender l’ensemble.
Seconde lecture qui permettra de s’attarder sur le dessin de Guice, dans un genre éloigné du récent Mandalay. Probablement plus à l’aise dans le Space Opera, celui-ci multiplie les décors grandioses et les plans spectaculaires, à l’opposé de sa relative retenue dans ce précédent album. Mais la lisibilité n’est pas toujours au rendez-vous, notamment dans les scènes de batailles : à sa décharge, le principe de l’armure humaine est un véritable calvaire pour l’identification.
Cette difficulté associée au scénario parfois confus constitue un handicap lourd pour un premier tome. Celui-ci dépasse cependant le stade habituel (et réducteur) de l’album dit « d’introduction », si on en juge par les dernières pages. Un rebondissement opportun qui risque d’entraîner l’histoire vers d’autres terrains : pourquoi pas, à condition de rendre l’ensemble un peu plus accessible.
J'ai trouvé ce premier album excellent, et je suis surpris qu'il ne soit pas encore plebiscité... Bien sûr il s'agit d'un genre bien caractérisé, mais je conseille à tout amateur de sf de lire cette série que je place sans hésiter dans le top 3 de ce qui est sorti dans le genre ces 10 dernières années. C'est captivant, bien fait, bien structuré et très dynamique.
Je viens de lire le tome 3 (qui s'est un peu fait attendre...) et la qualité est toujours là. C'est à mon avis une série "qui en a sous le pied".
Un seul bémol, un jeu des personnages qui porte parfois à confusion, mais ça reste du très très bon.
Aux auteurs, s'ils me lisent: merci et continuez.
Aux éditeurs s'ils me lisent: arrêtez d'éditer trop et n'importe quoi, on n'arrive plus à faire le tri. En 1990, disons qu'une bd sur 10 qui sortait était à peu près correcte; aujourd'hui c'est une sur 200. Nicht gut!
Autant vous avertir tout de suite: voici un album extraordinaire que vous ne serez pas prêt d'oublier; METAL marquera votre mental dès les premières planches. D'abord la qualité des dessins, de la palette et de la "mise en scène" reflète un travail de haute volée; rien à voir avec ces albums où tout est dans le premier plat et on n'a plus rien dans le cahier!! Ici tout est léché dans les moindres détails et rien n'est laissé au hasard. L'essence noble de la SF y est transcendée... pas moins ;-)
Quant à l'histoire, on entre directement dans une ambiance extrêmement prenante car l'excellence du scénario emboite vite le pas de celle du graphisme. Voilà l'exemple même d'une bonne idée de départ (l'affrontement guerrier par armure virtuelle interposée) qui est parfaitement exploitée par un scénar qui fait la part belle au suspense, au "thrill" et à l'imagination. De fait le lecteur se connecte très vite à l'histoire même si celle-ci parait un peu confuse au début de l'album.
Bref, du très très grand art. Et à n'en pas douter une série qui marquera la BD de SF de qualité.