A
vant de partir étudier à l’université à l’automne, J.B. s’est dégotté un petit job au sein de la voirie. Solidement accroché au cul d’un camion poubelle, il va avoir l’occasion de découvrir sa ville sous un angle nouveau et particulièrement odorant. Pour supporter ce boulot difficile et exigeant physiquement, il peut heureusement compter sur une équipe haute en couleurs.
Si le propos de L’année des ordures vous rappelle Trashed du même Derf Backderf, c’est bien normal. En effet, cette vraie-fausse nouveauté reprend en fait un travail antérieur de l’auteur de Mon ami Dahmer. Plus précisément, il s’agit d’une première tentative d’écrire un long récit. Évidemment, le style et le découpage ne sont pas encore totalement en place. Néanmoins, le sujet méritait d'être approfondi ; quinze ans plus tard, celui-ci formera le point de départ de Trashed.
Album doublon réservé aux collectionneurs ou aux fanatiques obsessionnels ? Sûrement pas ! D’abord, plus des deux tiers de l’ouvrage s’avèrent inédits. Puis, largement doté en anecdotes hilarantes, grands moments «WTF» et, en guise de final, d'une revanche bien savoureuse, le programme se montre réjouissant. Certes, toutes les illustrations ne sont pas complètement abouties. Cependant, il est intéressant de voir comment le dessinateur a évolué et comment certaines parties de ce péché de jeunesse se sont transformées pour mieux réapparaître ultérieurement dans son œuvre.
Curiosité pleine de rigolade et de racontars tellement énormes qu’ils ne peuvent être que vrais, L’année des ordures est un très bon exemple de BD à la frontière de l’underground bête et méchant et de l’humour tarte-à-la-crème (pas fraîche la crème) grand public. Dans tous les cas, vous ne verrez certainement plus les éboueurs de la même manière après cette lecture.
Poster un avis sur cet album