L
a tension est vive, le Dorchland menace toujours d'envahir son voisin à tout moment. C'est dans se contexte que Sydney McCoy part en expédition à la recherche du peuple des hommes bleus, avec l'escroc Douglas Wayne, sans écouter les mises en garde de Dexter london. Ce dernier se morfond dans son désespoir lorsqu'apparaît Mox, un gamin plein de ressources, qui va devenir son assistant et lui permettre de redorer son blason d'aventurier le plus célèbre de Port Moresby.
Les sources du Ravandiz clôture le triptyque des premières aventures de José Maria Hermosillo de los Santos, Dexter London dans le civil. Il vous emmène découvrir le peuple des hommes bleus, nouvelle création d'un Leo toujours aussi soucieux de passer un message concernant l'écologie et l'humanisme. Comment ne pas faire le rapprochement avec la forêt Amazonienne décimée et les peuples qui en sont chassés ? Les hommes bleus représentant ce qui doit être préservé des méfaits de la civilisation.
Dexter London deviendra l'aventurier qu'il prétendait être en se forgeant une solide réputation mais avant d'en arriver là, il passera par une découverte de soi et une prise de conscience sur ce qui doit rester inviolé. Comme l'amour, qui laissera la place à une certaine sagesse même si tous les espoirs lui restent permis. Leo prouve encore ici son attachement aux relations humaines qui sont toujours omniprésentes dans ses séries (Les mondes d'Aldébaran, Kenya). Omniprésente également la dénonciation des régimes dictatoriaux, combat encore une fois cher au cœur de l'auteur Brésilien. Même si il ne se veut pas militant, Leo, dont le riche vécu est sans aucun doute possible source d'inspiration consciente ou inconsciente, truffe son œuvre de messages par touche homéopathique en y ajoutant une pointe d'humour. C'est ce qui rend attachant ces héros et passionnantes les aventures humaines qu'il décrit.
Pas si lointain de l'univers de Leo, le graphisme de Sergio Garcia (Géographie martienne) souffre des mêmes imperfections : statisme et postures maladroites des personnages. Il reste néanmoins intéressant de part l'inventivité dont il fait preuve. D'abord dans la mise en page en nous faisant suivre l'intégralité d'une action au sein d'une même case. Les protagonistes se promènent alors de haut en bas et d'un bord à l'autre d'une page entière, sans aucune entrave. Une technique qu'il a déjà expérimenté dans la série Les trois chemins scénarisée par Lewis Trondheim. Et également dans l'utilisation du décor comme support de cases, témoin cette vue aérienne d'une terrasse de café dont les tables se changent en portrait, succession de pensées et de dialogues de Dexter London y buvant un verre. A défaut d'accrocher au style de dessin, personne ne pourra laisser entendre que Garcia se contente de se couler dans le moule construit par son scénariste.
Les aventures de Dexter London sont loin d'être terminées, de nouveaux horizons ne manqueront pas de s'ouvrir à lui et aux lecteurs.
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