S
älem était jusqu'alors une ville tranquille.
Tout cela n'aurait en fait que très peu changé sans la malice d'un groupe de mages en mal de sensations fortes. Par trop de facéties, ils s'attirèrent le courroux de l'Inquisition de Sälem. Toutes activités magiques sera dès lors bannie de la cité.
Loin de ces intrigues, Nusrat et son frère vaquent à leur activité de voleurs, mais la monotonie guette.
Il est temps de passer à la vitesse supérieure et de prouver qu'ils sont bien plus que de vulgaires vide-goussets ! Et l'arrivée en ville d'un mystérieux maître-sorcier pourrait bien être l'affaire du siècle ! Car il est assuré que la malle d'un grand magicien recelle à coups sûrs monts et merveilles, c'est bien connu !
Il est aussi bien connu qu'un sorcier digne de ce nom laisse toujours une petite surprise pour le malheureux qui déciderait un jour de le voler...
Un pont jeté dans le vide sur lequel deux gaillards mal assurés tentent un traversée. C'est le cadrage de la couverture et son éclairage qui m'ont tout d'abord attiré.
A la lecture, pas une page ne se tourne sans qu'un sourire voire un rire ne s'échappe. Le scénario sans être très original se suit sans difficulté et laisse une grande part aux situations cocasses. Bref, c'est amusé que l'on suit les aventures de ces deux anti-héros par excellence. Cela change un peu des héros stéréotypés tels... le Scorpion (Marini/Desberg). Aussi, Sälem donne vie à toute une gallerie de sympathiques personnages, tous fortement inspirés des univers de jeux de rôle.
Côté dessin, les personnages sont plein de vigueur et leurs expressions sont assez drôles. On peut cependant regretter le manque de détails des visages de femmes ou, plus généralement, des visages moins caricaturaux, moins burinés que ceux des protagonistes. Ils sont pour tout dire assez laids. L'auteur a expliqué qu'il travaillerait sur un plus grand format pour le dessin du second tome afin de remédier à ce problème. La ville de Sälem est en elle-même l'un des réussites de cette BD. Les éclairages et la mise en couleurs donnent à la ville et à ses habitants beaucoup de relief.
L'encrage est sans doute ce qui pourrait retarder l'achat de Sälem La Noire. Du fait du petit format des planches employé, le dessin s'en trouve parfois alourdi. C'est assez dommage mais cela sera assurément corrigé dans le prochain tome.
Un détail d'importance reste le soin apporté aux dialogues. Il donne aux personnages beaucoup de personnalité. C'est recherché et percutant. Un vrai plaisir !
Au final, Sälem La Noire, sans se poser dès le premier tome comme une série de référence, est à la hauteur de son ambition: nous offrir une lecture fraîche et enlevée !
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