Éprouvé par son combat contre James Moriarty et Taher Emara, Sherlock Holmes a renoncé à sa carrière de détective pour embrasser celle de libraire. Ses semaines d’honnête commerçant sont marquées par les visites à la clinique afin d’y veiller Megan. La jeune femme, qui l’a assisté dans sa dernière lutte, est maintenant plongée dans un profond coma. Cette quiétude va être perturbée par la reine qui le charge de retrouver Aaron McBride. Ce savant, mystérieusement disparu, vient de réapparaître et constitue une menace pour la sûreté publique.
Progressivement, Sylvain Cordurié, avec sa réappropriation du célèbre héros de Sir Arthur Conan Doyle, est devenu le fer de lance de la collection 1800. Il fallait de sérieux arguments pour oser plonger ce symbole du pragmatisme et de la logique dans un univers fantastique. Tout en respectant le format du diptyque prévu au cahier des charges, le scénariste a imaginé une trame bien plus large que son succès éditorial lui permet de développer.
Cette troisième aventure confirme toute la richesse de la saga. L’auteur construit sur les éléments livrés précédemment et exploite les diverses ramifications, introduisant même deux personnages phares d’une autre série, La Mandragore, parue dans la même collection. Il continue de mélanger les genres en axant son intrigue sur un thème cher à la science-fiction, le voyage dans le temps. Les enjeux sont introduits habilement sur un rythme plutôt soutenu. Les informations fournies, qui ne dévoilent en rien le mystère, harponnent le lecteur et l’entraînent dans un développement captivant.
Laci se révèle une nouvelle fois un parfait compagnon de route. Certes, ses protagonistes manquent parfois d’expressivité, mais sa capacité à donner corps aux ambiances est des plus agréables. Sa mise en scène ne cherche pas la grandiloquence. Elle s’adapte parfaitement à la tonalité de l’histoire, tout comme le travail d’Axel Gonzalbo aux couleurs contribue clairement au plaisir de lecture.
À nouveau, le trio propose un divertissement de qualité. On ne s’en lasse pas !
La déclinaison de cet ensemble de série sur Sherlock Holmes commence à être un peu lourd et indigeste. Le voici désormais confronté au voyage dans le temps avec un thème décidément à la mode.
On appréciera toujours le trait réaliste du dessinateur. La reine Victoria lui ressemble à merveille jusque dans les vêtements portés. Les décors de Londres sont au top. Bref, rien à redire sur le style graphique.
Au niveau de l’intrigue, il y a un retournement de situation plutôt audacieux et qui peut plaire. Le mystère demeure entier. C’est suffisamment intriguant pour avoir de l’intérêt et poursuivre l’aventure. Mais bon, cela ne casse pas des briques non plus.
Cependant, pour ne pas être perdu, il faut absolument connaître les autres tomes de cette galaxie Sherlock Holmes car tout semble lié avec un ordre chronologique à respecter. C'est le 5ème volume de cette série comme le précise dans la préface l'un des auteurs âgé de 55 ans.